LES TRÉSORS DU COMICS: Nemesis


Novembre, novembre… Un mois qui s’est débuté sous les cris et les farces, pour nous réveiller au lendemain sous le signe des vilains : le Villains Month. Après un Edito sur les méchants du MCU et du DCEU avant-hier, le coffre n’a pas été épargné, il est plein de bonbons et ne parvient pas à se défaire de son beau costume ; visiblement, il a un trésor à nous proposer, pour s’allier à l’humeur. Habillons-nous tout de blanc et lançons la terreur car, ce mois-ci, notre héros n’est autre qu’un super-criminel !

Nemesis. Que fait donc celui-ci parmi les trésors du comics ? Eh bien, c’est simple. Je suppose que vous avez tous un méchant préféré ; un vilain à multiple facettes que vous aimez voir jouer des mauvais tours au héros qui sort pourtant toujours vainqueur. Ici, les rôles sont inversés. Répondant à la question « que serait-il arrivé si Batman avait été le Joker ? », Nemesis nous entraîne dans les aventures d’un homme en quête de vengeance et aux moyens tout sauf limités. Pour le synopsis, dites vous qu’il s’agit du b.a-ba de tout comics de superhéros : un enfant termine tragiquement orphelin, part dans un voyage initiatique, puis revient avec le désir d’agir et la vengeance encore dans le cœur. Sauf que cette fois, au lieu d’avoir été élevé dans la bienséance, Nemesis est issu d’une famille de riches criminels et décide de perpétuer la tradition de toutes les manières les plus violentes qu’il puisse trouver. Nous offrant ainsi des séries interminables de plans sortis tout droit d’un film de Michael Bay, le super-vilain s’attire notre antipathie comme notre passion au cours de sa vendetta.

Comme toujours, Mark Millar a le don de faire ressortir le pire. Après Kick-Ass, que nous vous avons présenté en septembre, il nous offre une fois encore un univers réaliste où souligner la laideur de l’humanité fait partie du jeu. Au travers maintes scènes d’action et de rebondissements, il s’amuse cette fois à perdre ses lecteurs dans le doute, l’empêchant tout du long de savoir qui de Nemesis ou de sa cible est à la tête. Pour ceux qui ne connaîtraient pas le personnage, Millar est un scénariste écossais qui n’a plus depuis longtemps besoin de faire ses preuves. Très connu pour ses oeuvres toujours uniques en leur genre, il est aussi l’auteur des très célèbres Wanted, Old Man Logan et Civil War (ces deux derniers titres ayant été conçus au côté de Steve McNiven).

Steve McNiven, artiste canadien, est l’auteur des dessins de cette monstrueuse aventure. Si son style peut être plein de grâce, il accompagne ici le récit de représentations plus crues, faisant ressortir la laideur au travers de traits pourtant fins. Chaque personnage s’affiche avec des expressions marquantes, parfois grimaçantes, contrastants énormément avec les décors joliment dessinés. Finalement, les bons comme les mauvais sont plutôt laids. L’histoire ne laisse aucune place à l’empathie, et encore moins la sympathie. Au-delà de ça, certaines planches sont vraiment spectaculaires ; outre le contraste des traits, McNiven laisse une place de choix à la couleur et si ses cadrages ne brillent pas par leur originalité, ils n’en sont pas moins réussis. Découvrez ci-dessous certaines œuvres fort représentatives de son talent :

En tout cas, voilà qui a de quoi nous changer un peu, n’est-ce pas ? Pas de bonnes intentions sous de mauvaises actions, juste le mal incarné dans un costume blanc sur lequel le rouge du sang prend une place de choix. Alors, vous qui aimez la violence gratuite et les scénarios tordus, ou vous qui souhaiteriez mettre les pieds en terrain inconnu, allez vite attraper votre exemplaire pour faire quelques pas aux côtés de Nemesis ! Et d’ici votre retour, j’espère que j’aurai enfin compris ce que signifie le drapeau communiste qui sort de notre coffre aux trésors…

Retrouvez le dernier épisode du Villains Month dans deux jours avec Costume Corner et la présentation des costumes de Brainiac.

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