REVIEW SANS SPOILER: Le premier épisode de “Happy!”


Ulcère, vomi et une pinte d’hémoglobine sont les présents que les Rois Mages ont déposés sous nos télés cette semaine. SyFy s’en est ramassée les giclées et le moins qu’on puisse dire, c’est que le dernier bijou de la chaîne ressemble étrangement à un chapiteau après la Saint-Nicolas des étudiants : sale, fangeux et graveleux.

Le premier épisode d’Happy!  satisfait toutes nos attentes et apporte un vent de fraicheur viciée sur les éternels contes de Noël à la morale mièvre et indulgente. Nick Sax, cet ex-flic reconverti en tueur à gage pochard à l’éthique douteuse et la gâchette facile, conclu son dernier contrat par une double crise cardiaque et une balle dans le coco. A son réveil, les éléphants roses ont laissé la place à Happy, une licorne bleue qui lui prêtera main-forte dans sa fuite. Happy est l’ami imaginaire de Hailey, une petite fille enlevée par un Père Noël tout droit sorti d’un caniveau.

Le ressentiment du spectateur oscille entre la violence graphique réjouissante, entremêlée de cette gracieuseté bubblegum propre à Happy, et l’horreur d’un kidnapping pervers. Néanmoins, le pilote souffre du syndrome de l’adaptation et ce premier épisode, transposition pure et simple des deux premiers numéros du titre de Grant Morrison et Darick Robertson à l’écran, peine à transgresser sa source et être son propre objet.

Certes, la mise en image d’un roman graphique se doit de rendre avec une certaine fidélité le ton, l’ambiance et la vision de ses auteurs. Cependant, à chaque médium ses codes et, selon moi, Happy! est une adaptation un peu paresseuse de l’oeuvre magistrale de Morrisson et Robertson. Le montage survolté et les improvisation de jazz habillent avec brio l’oeil de Bryan Taylor sans pour autant dépasser l’ambiance glauque du comics.

Christopher Meloni est taillé pour le rôle de Nick Sax et nous emmène dans un roller-coaster, propulsé à l’adrénaline pure, de drogue, sexe et de violence. Le tandem qu’il mène avec Happy (Patton Oswald) n’en est qu’à ses débuts mais leur relation cocasse s’annonce comme une soupape aux horreurs que nous réservent les épisodes à venir. Lili Mirojnick est peu convaincante dans son interprétation du détective Meredith Mccarthy, ex partenaire de Nick Sax. Coté bad-guys, le jeu de Patrick Fischler en gai tortionnaire sadique est délectable et celui de son boss, Mr. Blue (Ritchie Coaster), d’une justesse étourdissante.

La pilote de Happy! a de quoi réjouir les groupies du comics et, après des années de séries délébiles, rend à SyFy ses heures de gloires. Si la vue du sang vous fait tourner de l’oeil, passez votre chemin. Mais si vous êtes avides d’effusions d’hémoglobine, de cynisme cinglant et de morale irrévérencieuse ? Vous venez de trouver votre nouvelle série préférée.


A propos de Ishu

Ishu est un des auteurs de L'Univers des Comics, retrouvez-le chaque mois dans sa chronique "Crisis of Infinite Reboots"

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