CRISIS OF INFINITE REBOOTS: Flashpoint


A l’heure à laquelle cette chronique sera publiée, nous serons allés voir Justice League trois ou quatre fois, nous aurons établi toutes nos théories les plus folles et les cadeaux de ma liste pour la Saint Nicolas devraient bientôt arriver : l’omnibus de Captain Carrot, mes figurines de Wonder Woman (oui au pluriel, je me dois d’étudier son armure sous toutes les coutures) et… ce mystérieux tapis de course.

Ah parce que tu vas te mettre au sport toi ? Après toutes les raclettes et les apéros que tu t’es récemment envoyé derrière la cravate ? Fais moi rire. Moi, j’en ai pas besoin. Squirrel Girl me demande même de casser ses noisettes avec mes fesses. J’ai le look de Kingpin mais sous ma toge, je cache les tablettes de Frank Castle. 
T’es pas très sympa avec lui, moi un jour j’ai essayé de faire du sport. Ben, plus jamais c’est trop dangereux. je préfère rester assis, dans mon fauteuil à regarder la pluie tomber et tranquillement attendre que la fin d’un monde ou du Multivers me sorte de ma torpeur. 
Franchement les gars, vous n’êtes pas très cordiaux. J’espère que vous recevrez du charbon des mines de Surtur et que Etrigan vous rende visite le soir de Noël pour vous faire revivre vos pires souvenirs. Sérieux, le deal était sympa et l’annonce attrayante :
Ce tapis de course cosmique ayant peu servi vous fera courir à la vitesse de la lumière grâce à sa propulsion aux rayons cosmiques radioactifs. 
Attention, peut provoquer le cancer, l’annihilation totale de votre dimension, vous faire rencontrer votre mère à 18 ans et provoquer la naissance de votre nemesis. 

C’est marrant, ça me rappelle quelque chose.

The road to Flashpoint : la fin du DCU

Le comics Flashpoint sorti en 2011 fut l’un des plus gros succès de DC Comics. Si le noyau principal du récit se compose de cinq numéros éponymes, ses ramifications se sont étendues dans une multitude de tie-in. Flashpoint s’est vu attribué l’un des plus grands auteurs de l’écurie : Geoff Johns. Connu pour avoir ravivé la lanterne de Hal Jordan et être à l’origine d’un précédent reboot (Infinite Crisis en 2005), il est aussi la plume qui a ressuscité Barry d’entre les morts (The Flash Reborn, 2008) après sa disparition dans les pages de Crisis on the Infinite Earths en 1985. Notre bon Barry s’était sacrifié pour la sauvegarde de l’univers et avait disparu depuis. Au dessin, nous retrouvons un des piliers de DC Comics, à savoir Andy Kubert, fils du prolifique Joe Kubert.
Le récit est le point culminant, l’apothéose et le grand fracas avec lequel s’est clôturé le run de Geoff Johns sur The Flash… mais aussi la réponse à l’une des énigmes qui occupait les lecteurs depuis plusieurs mois. En effet, quelques titres de DC Comics laissaient entrevoir aux lecteurs les bribes d’une catastrophe d’ampleur cataclysmique qui annonçait l’avènement d’un univers alternatif saturnien. Dans les pages de Time Masters : Vanishing Point #6 (février 2011), ce comics dédié aux aventures de Booster Gold et de son fils Rip Hunter, nos deux aventuriers découvrent le tableau noir de leur QG couvert de notes sibyllines. Comme dirait Ralph Dibny, I smell a mystery ! 

 

 

Ce tableau fut une mine d’informations et de spéculations pour les fans, a fait coulé beaucoup d’encre et chauffer de nombreux claviers. Les grandes lignes de l’évent à venir étaient esquissées en lettres blanches, l’avenir était tout tracé, il ne restait qu’à suivre le guide.

Paradoxes temporels, univers parallèle et gueule de bois.

Flashpoint prend place dans un monde au bord de la destruction suite à un conflit international qui oppose Atlantis et Themyscira. Alors que les armées de Wonder Woman et d’Aquaman s’affrontent sur tous les continents, seul Barry possède le souvenir du DCU tel qu’il était avant son réveil ce matin là. Sa super vitesse l’ayant mystérieusement quitté, il devra compter sur Batman, Cyborg, Shazam et d’autres héros qui l’aideront à restaurer la ligne temporelle originelle.

Flashpoint suggère que Barry est à l’origine de la création de ce nouvel univers. D’abord amnésique, il se souvient peu à peu qu’il a remonté le temps pour sauver sa mère du sort qui lui a infligé son pire ennemi, The Reverse-Flash aka Professor Zoom aka… Eobard Thawne. Comme le chantait Benabar, c’est l’effet papillon : petites causes, grandes conséquences.

Quoi que, cette réflexion ne serait pas honnête si l’on simplifiait les retentissements des décisions de Barry à la théorie chaotique du papillon. Ici, les conséquences du voyage temporel ne prennent pas place sur une échelle physique mais plutôt sur une de causalité ; les altérations de Barry sur le passé ont eu un effet quadri-dimensionnel sur la ligne temporelle.

Nom de Zeus ! Je me dois d’intervenir avant de renvoyer Monsieur Jacouille dans les couloirs du temps. Marty, les répercussions quadri dimensionnelles englobent les fluctuations temporelles qui impactent à la fois le passé et également le futur. C’est pour ça que tu dois surtout pas annoncer à tes lecteurs que The Rock Jr. III sera le prochain président des Etats-Unis en 2128 ! 

Euh… Merci Doc ! Où en étions nous ? À la fin de Flashpoint, Barry retourne à nouveau dans le passé pour s’empêcher lui-même d’arrêter Reverse-Flash de tuer sa mère (le Dafalgan est en vente libre dans toutes les pharmacies). Alors que ce dernier prend la E40 direction la speed force pour retourner dans le présent, les lecteurs découvrent cette double-page devenue légendaire qui synthétise la création du nouvel Univers DC. Si vous voulez mon avis, ce diptyque a posé plus de questions qu’il n’a apporté de réponse.
Une mystérieuse figure encapuchonnée apparut de nulle part pour informer Barry Allen que « l’histoire des héros fut brisée en trois éclats il y a très longtemps, fragmentée pour affaiblir votre monde en préparatif de leur arrivée imminente ». Elle annonce qu’elle peut l’aider à réparer les dégâts des différentes timelines… mais à quel prix ?

L’après Flashpoint : reconstruire sur un chateau de carte. 

Si Flashpoint mérite que l’on lui adresse une chronique, c’est pour la bonne et simple raison qu’après lui, la face de DC Comics -et de l’industrie du comic book- ont été radicalement liftée (certains diront défigurée). Quasiment 75 années de statut quo de l’Univers DC ont été bouleversés et l’engeance bâtarde issue de cet évent se nomme New 52 aka le relaunch-qui-n’a-tenu-que-5 ans. Les conséquences des décisions de Barry Allen ont provoqué la fusion des univers/éditions DC, Vertigo et Wildstorm. En septembre 2011, tous les titres de DC Comics avaient subi la vague de paradoxes temporels causée par Barry Allen.

Mais… mais… qui a brisé l’Univers DC en trois fragments ? Comment se fait-il que la timeline Wildstorm devienne subitement partie intégrante de DC ? Pourquoi Grifter a une place de choix aux cotés de Cyborg, Batman, Wonder Woman et Batman ? Pourquoi ont-ils l’air si jeune ? Comment se fait-il que Barry se souvienne de sa vie dans le Flashpoint ? 

Tous les fans espéraient trouver leurs réponses dans les cinq années qu’à duré New 52… et furent déçus. Du point de vue du lecteur, toutes les histoires écrites durant ces cinq ans auraient très bien pu nous être racontées sans un reboot de l’univers. Animal Man, Swamp Thing, The Shade, tous d’excellents titres qui auraient très bien pu exister sans l’annihilation de 75 ans d’histoire. Batgirl était parfait mais coïncidait avec la perte de Barbara entant qu’Oracle, une fan favorite. Les comics de la Bat-famille ont continué leur petit bonhomme de chemin sans trop de changements par rapport à l’univers pré-New 52 et des récits tels que Court of Owls et de Death of the Familly auraient très bien pu rencontrer le même succès sans reboot.

Les réponses quant à tous ces mystères furent confuses voire décevantes et ne méritent pas que l’on s’y attarde tant leurs conséquences sont infimes depuis Rebirth (lien) en 2016.

The Flash : the fastest and most dangerous man alive ? 

Barry Allen est le seul héros à posséder un semblant de souvenir de cette aventure et de la ligne temporelle qu’il a créée. Si l’on se penche un instant sur Flash, il faut avouer que l’on peut le considérer très sérieusement comme le personnage le plus important… et le plus dangereux de l’Univers DC. 
La première mention du Multiverse est à trouver dans un comic The Flash #123 (1961). Cette aventure intitulée The Flash of Two Worlds voyait Barry Allen rencontrer Jay Garrick, son prédécesseur de l’Age d’Or de DC, pour la première fois. Dans Crisis on Infinite Earths, Barry s’est sacrifié pour sauver le Multivers. En 2008, dans Final Crisis, rebelotte. En 2016, il s’est retrouvé au centre du mystère lié aux nouveaux bouleversements du Multiverse lors de l’évent DC Universe : Rebirth.

Si Flashpoint a cimenté le rôle de Barry et le présente comme le héros ayant la capacité de manipuler à la fois le passé, le présent, le futur mais également les univers parallèles qui composent le canevas narratif des aventures de nos héros, sa capacité unique à se balader librement à travers le Multiverse est devenu un poncif récurrent.

Cette particularité du personnage le définit tant que, même hors du médium papier, sa capacité à se mouvoir dans l’espace-temps est évoquée. Dans la série The Flash sur la CW, la deuxième année de ses aventures se déroule en grande partie sur la Terre-2. Dans la troisième saison, Barry reproduira la même erreur que dans Flashpoint et bouleversera totalement l’Arrowverse.

Alors, The Flash, véritable héros ou menace pour le Multiverse ? Nous le découvrirons lors de la sortie de Flashpoint (et oui !) le premier film solo de Barry Allen au cinéma.


A propos de Ishu

Ishu est un des auteurs de L'Univers des Comics, retrouvez-le chaque mois dans sa chronique "Crisis of Infinite Reboots"

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