COUP DE COEUR COMICS: Batman: The Dark Prince Charming


Les fêtes de fin d’année se sont clôturées dans le fracas des feux d’artifices et autres tintements de verres de Champagne, les résolutions ont été prononcées à tour de bras, les confiseurs peuvent enfin s’octroyer une trêve salutaire après ces gabegies festives. Dans les librairies aussi le calme fait place à la tempête des offices. De tout ce tumulte effervescent que retenir ? Une quantité de sortie comics d’excellentes factures qu’il sera difficile de vous présenter tous. C’est pourquoi, en guise de présentation de mes bons voeux pour cette année débutante, je tenais à vous proposer le comics le plus attendu de l’année 2017 du côté oriental de l’Atlantique (une petite pensée pour nos lecteurs de la Belle Province). Aussi attendu parce qu’il s’agit d’un nouvel opus des aventures du héros de Gotham que parce qu’il a été réalisé par l’un des maîtres européens de la bande dessinée.

Je parle bien entendu du nouveau Batman: The Dark Prince Charming scénarisé, dessiné et colorié par Enrico Marini aux éditions Urban Comics et par DC Comics simultanément en Amérique du Nord.

                                                   

 

Pour tous les jeunes lecteurs, je me permets de vous présenter cet auteur helvète d’origine italienne. Repéré très jeune, Marini a débuté sa carrière début des années 90 avec Un dossier d’Olivier Varèse  puis de la série Gypsy, pour rapidement devenir une valeur sûre – voire un joyau – de la puissante maison d’édition française Dargaud en travaillant notamment sur L’étoile du désert, Rapaces ou le best-seller Le Scorpion. Fort de ces succès, il abordera seul cette fois la série historique maintes fois saluées par la critique : Les Aigles de Rome. C’est donc avec une aura et une audace particulières qu’il aborde sa version de Batman.

Voici résumé succinctement le synopsis de ce premier opus :

Alors que règne la violence brutale, Bruce Wayne se retrouve embarqué dans une enquête des plus surprenantes. Il faudra beaucoup plus que de la séduction pour que Batman déjoue cet infernal engrenage fomenté par son ennemi de toujours : The Joker.

Ce qui frappe d’emblée dans ce comics c’est l’ambiance ou l’art de plonger dans l’air, la crasse et la folie de Gotham. Dès l’ouverture, vous êtes littéralement jetés dans le récit et vous aurez beau tourner les pages pour reprendre un peu de votre quiétude, vous serez toujours poussés plus en avant et subirez les turpitudes machiavéliques du Joker ou le désespoir et la violence de Bruce Wayne/The Batman. Naturellement, les couleurs, en peinture directe,  y sont pour beaucoup. Les tonalités choisies et l’apparente fragilité de cette technique dégage une atmosphère intimiste et sensible. Ajoutez que le trait est subtil, que la technique est époustouflante et cela vous donne le décor d’une ville presque palpable où l’on pourrait apercevoir le chevalier noir en haut d’un gratte-ciel. Bien entendu, les habitués reconnaîtront les visages de précédentes séries de Marini mais nous serons tous à genoux devant l’extrême sensualité de Catwoman, et dans une moindre mesure d’Harley Quinn ; nous serons tous atterrés par le chaos qui suinte du visage d’un Joker encore plus extrême.

 

                  

                  

Une bonne bande dessinée ne se résume pas à un dessin chatoyant ou une atmosphère particulière (même si ce n’est pas si fréquent que cela), encore nous faut-il un scénario et des personnages qui tiennent la route car ce n’est pas rien de reprendre une telle série et un tel héros. Au regard du nombre de planches, on ne peut rien reprocher à cette aventure où rupture de rythme, intrigues, suspens et scènes d’actions sont menés tambours battant. Quant aux personnages, c’est là que réside la touche d’Enrico Marini. Il a rassemblé des figures familières des aventures en s’attachant à les rendre crédibles dans son univers. Nous mentionnerons tout particulièrement un Bruce Wayne plus sensible et touché que jamais et un Batman d’une extrême détermination (ce qui va amener notre héros aux imites encore une fois de la justice et de la vendetta).

Nous avons avec ce Batman: The Dark Prince Charming une première adaptation réalisée à 100% par un auteur européen. Il est évident que cela se ressent sur la mise en scène ainsi que sur les personnages. D’un côté, la mise en page est moins explosée qu’à l’accoutumée tout en respectant les principaux codes américains. C’est surtout dans la profondeur des personnages que nous retrouvons la patte ‘franco-belge’ de l’auteur où la sensibilité et la psychologie sont les moteurs du récit.

Il n’y a pas de doute, même avant la sortie du second tome prévue en mars 2018, ce comics fera date et se logera aux côtés des plus grands récits du héros de Bob Kane tels Batman: Year One ou Batman: A Long Halloween tant son esthétique est brillante et tant les personnages sont riches et renouvelés.

Plus que deux mois d’attente donc pour définitivement ranger Enrico Marini au rang des plus grands artistes mondiaux du neuvième art. Deux mois, je sais, c’est cruel de vous le rappeler.

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