REVIEW SANS SPOILER: Runaways, la première saison


 

Runaways, la série tant attendue de Hulu et Marvel a désormais fait son premier tour, dévoilant son épisode final la semaine dernière. Pour ceux qui auraient lu notre review des trois premiers épisodes, vous saviez déjà que la série avait gagné nos cœurs ; mais qu’en est-il à présent ?

Née de la collaboration Marvel et Hulu, Runaways est une série suivant les mésaventures d’un groupe d’adolescents issus de belles familles, après la découverte malencontreuse de l’appartenance de leurs parents à une société secrète aux sombres desseins : le Cercle. Se découvrant de surprenants gadgets et pouvoirs, les Runaways vont se dresser contre les activités de leurs parents et tout mettre en œuvre pour y mettre fin. Pour ceux qui s’apprêtent à se lancer dans l’aventure, n’hésitez pas à lire notre guide de tout ce qu’il faut savoir avant de regarder la série. Et pour tous ceux ayant fini ou sont sur le point de finir, réjouissez-vous, car une deuxième saison est désormais à venir !

Faisons le point sur cette première saison : du mystère, de l’action, de la romance… tous les ingrédients d’une série captivante sont là, mais sont-ils bien dosés ? Notre réponse est oui ! Du moins, dans les grandes lignes. Dès le premier épisode, le ton est placé et l’intrigue est lancée en grande pompe, sans perdre de temps à ricocher sur des sujets inutiles. Petit à petit, de nombreux sujets sont soulevés et les questions ne manquent pas, nous offrant les réponses au compte-goutte pour nous garder à la merci de l’histoire. Néanmoins, celle-ci, bien que réussie, se fait quelque peu simplette. En étant encore à l’introduction de l’univers et de ses personnages, le scénario n’a pas pu faire plus développé, et plutôt que de s’attaquer à des sujets complexes en profondeur, il survole les grandes lignes d’une histoire finalement peu originale. Sans tomber dans le cent pour cent prévisible, du moment qu’on se s’y attarde pas trop, les créateurs semblent s’être focalisé sur la mise en place avant de chercher à s’imposer comme série innovante. Personnellement, c’est ce que j’appellerais une saison pilote, et j’espère voir les auteurs prendre un peu en audace pour la deuxième saison. Pour ce qui est de l’amuuur – eh oui, il y en aura toujours que ça intéresse plus que d’autre – : la série trouve ici un juste équilibre, ne nous gavant pas de scènes romantiques remplies de chansons niaises ; une crainte que l’on pourrait avoir sachant que Runaways reste avant tout un teen drama. Les petites touches de romance sont justes, influencent les personnages sans leur remplir la tête, et surtout n’impactent que de manière utile le scénario. Si certains se plaignent néanmoins du manque d’action, la balance est pourtant rétablie par des scènes qui ne s’étirent jamais, offrant un rythme soutenu à toute la série.

Voilà qui est dit pour l’intrigue, mais venons-en aux personnages. Comme je le disais déjà dans notre review des trois premiers épisodes, la répartition des rôles s’est faite de manière judicieuse, faisant nos héros aussi bien les enfants que les parents ; quelles que soient leurs parts, quels que soient leurs histoires ou même leur caractère, chacun se fait une place à l’écran et prend le temps de se donner de l’importance. Pour une première saison, les créateurs ont d’ailleurs très bien géré ce point étant donné le nombre de personnages, et le besoin d’aller à l’essentiel ne choque en rien. On espère seulement voir plus de tout ce potentiel encore inexploré dans la prochaine saison. Pour ce qui est du cast, la série n’a pas de quoi rougir. Dans les noms connus ou moins connus, les visages plus jeunes ou moins jeunes, la différence de niveau de l’un à l’autre ne se fait jamais cruellement sentir et on y croit, à moins de chercher la petite bête. Parmi les adolescents, en particulier, tous arrivent à donner un petit quelque chose à leur personnage, rendant l’histoire d’autant plus vivante.

Dans le domaine de la musique, Siddhartha Khosla peut se vanter d’avoir fait fort. L’un des défauts récurrents que l’on retrouve dans les séries est le manque de personnalité de sa bande originale et le besoin de la combler à l’aide de musique de toutes provenances ; Runaways est loin d’entrer dans cette catégorie. Entre la musique d’ouverture qui met en place tout l’univers en une minute, une berceuse pleine de charme chantée par l’un des personnages, et des thèmes d’ambiances qui ressortent toujours justement pour chaque scène, la série lui doit véritablement une grande partie de sa force.

Enfin, pour en venir aux sujets les plus techniques, venons-en à réalisation même, ainsi qu’aux lumières et effets spéciaux. Dans le cas de ces deux premiers points, la mise en scène est réussie, mais ne casse pas vraiment de briques. En vérité, la série est menée sans fantaisie, encore une fois sans souci de se démarquer des autres par une personnalité innovante. Ce n’est ni beau ni marquant ; finalement, c’est même très plat. Seul le générique d’ouverture s’offre un caractère intrigant et esthétique, comme si l’importance du visuel avait été oubliée après ça. Quant aux effets spéciaux, que dire d’un sujet si pointu si ce n’est que – comme tout – il est soumis au problème de budget. Pour leur premier team drama, Marvel et Hulu y sont cependant allés généreusement, sans pour autant faire dans la qualité cinéma, se gardant un petit côté old school pour certains effets, ce qui n’a rien de négatif.

Pour conclure – enfin ! – Runaways est décidément une série à voir, que vous en soyez à l’âge de l’acné intempestive ou de la découverte de vos premiers cheveux blancs. Elle ne rentrera définitivement pas dans le top 10 des séries les plus innovantes de l’année, mais vous fera passer un agréable moment qui promet d’être encore meilleur avec la saison suivante.

Et pour ceux qui l’auraient manqué, la saison complète est disponible depuis le 8 janvier, sur Hulu.

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