« Bloodshot » : un succès pour le premier film Valiant


Bonjour à toutes et à tous, et bienvenue dans cette nouvelle review consacrée à la première grosse adaptation cinématographique de la maison d’édition Valiant Comics : Bloodshot.

Le film est sorti il y a une semaine, et il est probable qu’une grande partie d’entre nous ne l’ai pas vu car malheureusement, avec la pandémie actuelle et la fermeture quasi-totale de tous les lieux de rencontre, il devient compliqué de voir un film. Cependant, nous avons eu la chance de le voir et vous livrons donc une review, garantie sans spoiler bien évidemment !

L’histoire suit un marine américain, Raymond « Ray » Garrison, alors qu’il est en mission à Mombasa, au Kenya. Après la réussite de sa mission, il rejoint sa femme Gina en Italie pour des vacances. Cependant, les événements tournent au drame, et le couple est tué.

C’est alors que Ray se réveille dans un laboratoire de Rising Spirit Tech, ou RST, situé à Kuala Lumpur, sans aucun souvenir. Il est accueillis par le docteur Emil Harting, qui lui explique qu’il était mort jusqu’à maintenant, mais qu’il a réussi à le faire revenir à la vie. RST se spécialise dans la réhabilitation de soldat meurtris ou amputés, et qu’il est le premier soldat qu’ils ont réussi à ramener à la vie. En utilisant une technologie très avancée, les nanobots, ils ont réussi à non seulement réparer son corps, mais à en faire le premier humain « amélioré ». Alors que Ray recouvre la mémoire et en apprend plus sur les circonstances de sa mort, il va comprendre qu’on le manipule, et va se mettre en quête de vengeance.

Ce film est une adaptation du comics Bloodshot paru pour la première fois en octobre 1992, et publié chez Valiant Comics. Le personnage de Ray Garrison/Bloodshot a été créé par Kevin VanHook, Don Perlin et Bob Layton. Il est un super-soldat amélioré avec des millions de « nanobots » dans son sang lui donnant une force surhumaine, une capacité de régénération accrue, la capacité de se connecter à la technologie, et même la possibilité de modifier sa masse corporelle. L’adaptation cinématographique est assez fidèle à l’oeuvre originale, et suit réellement « l’origin story » du personnage.

D’une manière générale, ce film est une très bonne adaptation de comics : elle traite bien le sujet et les différents thèmes abordés par le comics, le traitement visuel est assez magistral, la prestation des acteurs est bonne et la musique est présente sans trop prendre de place.

Au niveau de la photographie sur ce film, on a de très beaux visuels, que l’on parle de panorama en Italie ou à Kuala Lumpur, ou que l’on parle des scènes d’actions qui sont assez multiples et variées. On a une utilisation intelligente du slow motion qui n’est pas utilisé « ad nauseam », et la chorégraphie des combats est très dynamique, mais parfois un peu floue. Le petit plus est veritablement la réutilisation du « thème » de la couleur rouge, comme un clin d’oeil au personnage, et notamment le combat dans le tunnel où toute la scène est éclairée par des fusées éclairantes rouges. Cela rajoute une sensation d’oppression des méchants, et nous fait oublier le fait qu’on est dans un tunnel. Le traitement photo sur les scènes d’échanges entre les personnages est correct et classique, rien ne sort du lot mais cela n’est pas dérangeant.

Au niveau des personnages justement, le jeu des acteurs est assez juste (hormis peut être un acteur qui en fait un peu trop mais je vous laisserai en juger par vous même) ; Vin Diesel est excellent en soldat amnésique cherchant un moyen de se libérer des entraves de son passé et de son présent. Le jeu d’acteur de Diesel est très bon, car même s’il est connu pour être assez impassible, il arrive a transmettre les émotions du personnage: comme tous les soldats, Ray Garrison a vu et fait bon nombre de choses horribles, et cela le hante, et d’une certaine manière il cherche sa rédemption. Les personnages secondaires sont balayés de manière assez superficielle, ce qu’on peut regretter car cela aurait pu donner un peu plus de profondeur au film, notamment avec tous les autres soldats « améliorés » que Ray croise chez RST. Cependant Eliza GonzálezSam HeughanToby Kebbell, and Guy Pearce, incarnant les rôles secondaires, font le job et soutiennent parfaitement bien l’histoire.

Au niveau des thèmes abordés, On a bien évidemment le thème du soldat : la loyauté et le sens du devoir, avec un temps où on s’interroge sur la nature inhérente de Ray, et son besoin de combattre, d’être dans l’action, dans la violence. on parle également du but d’un soldat, et de son devenir quand il n’y a plus de guerre à mener. Il y a bien évidemment aussi le thème du deuil, qui s’accompagne de la vengeance qui, pour Ray, n’est pas une question mais une obligation. On parle aussi de la vision et du ressenti des soldats blessés et meurtris sur leur propre identité, et sur leur corps et leur volonté de guérir. Au final, la thématique du soldat est centrale à l’histoire, notamment l’utilisation de leurs faiblesses (blessures physiques et psychiques) par des industries ou des hommes malveillants, pour les contraindre à faire leur sale boulot.

Au niveau de la bande originale du film, on retrouve Steve Jablonsky, dont on connait l’excellent travail sur la saga Transformers et également sur The Island. On a une musique très rythmée, avec beaucoup de percussions, de cuivres, un son étouffé pour rappeler le battement du cœur à certains moment. La musique est électrique, profonde et puissante, avec une touche d’hymne militaire et d’héroïsme, permettant de rappeler tout ce qu’a été Ray Garrison, et tout ce qu’il est devenu en tant que Bloodshot. Une sorte de « super-musique », parfaite pour un super-soldat. La musique rythme bien l’action, et donne de la profonde aux scènes de flashback et celles de combat.

Bon bien évidemment, on peut noter quelques points faibles, notamment au niveau de l’histoire. Les scènes et les retournements de situation sont assez téléphonés, on s’y attend assez facilement, même si l’action nous fait vite oublier ce désagrément. Il n’y a pas de réel enjeu au delà de la liberté du personnage principal, et on s’étonne aussi de la facilité avec laquelle Ray Garrison s’adapte à ses nouveaux pouvoirs. Quoiqu’il en soit, il va sans dire que le film se laisse regarder, et qu’on est pris malgré nous dans l’histoire, même si on voit venir les rebondissements à des kilomètres.

Au final, ce premier essai d’adaptation d’une oeuvre de Valiant Comics est un réel succès, non pas car il est novateur et qu’il prend beaucoup de risques, mais justement parce qu’il se veut différent de l’origin story de base tout en respectant l’essence de l’histoire. Et c’est là il y a un véritable apport, car cela a donné au réalisateur David S. F. Wilson une liberté importante, permettant d’adapter cette histoire à une époque contemporaine, tout en laissant de la liberté à Vin Diesel de mélanger son jeu d’acteur au caractère de Raymond Garrison. C’est un blockbuster certes, mais le film est bien plus profond que ce qu’il n’y parait au premier regard.

Je ne saurais donc trop vous conseiller de regarder ce film si vous en avez l’occasion et la possibilité, bien évidemment après la fin du confinement, ou bien en VOD sur les plateformes telles qu’iTunes et Amazon Prime. Car si nous ne sommes pas des soldats améliorés comme Bloodshot, nous pouvons tous être des héros et sauver des vies, en restant chez nous. Bon courage à tous !


A propos de Max Chauvineau

L'un des deux éditeurs à la tête de l'équipe française de L'Univers des Comics, Max vous donne rendez-vous chaque mois dans sa chronique, "Le Divan des Héros"

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