Notre interview EXCLUSIVE avec le créateur de « La Fin des Irin »


L’Univers des Comics a eu la chance de pouvoir interviewer le mystérieux créateur derrière La Fin des Irin ! Et derrière cette identité secrète se cachait un homme passionné à l’accent anglais ! Mais on vous laisse découvrir tout cela par vous-même !


Marlon Jousset pour L’Univers des Comics : The Last of the Irin est une histoire vraiment complexe et bien conçue. Comment avez-vous eu l’idée de l’histoire ? Est-ce une histoire que vous aviez en tête depuis longtemps ?

Wildfry, créateur de Last of the Irin : Tout d’abord, je suis un Geek passionné d’histoire, j’ai visité de très nombreux sites archéologiques, j’ai étudié d’anciennes tablettes et j’ai lu la Bible en Hébreu ancien, donc c’est un hobby sérieux qui me prend vraiment beaucoup de temps ! Et il se trouve que quand on lit l’ancien testament en hébreu, on réalise que l’histoire de la création tourne autour d’un garde appelé El avant de se centrer autour de Yahweh qui est celui que l’on connait comme ayant créé Adam et Eve, les premiers juifs ayant jamais existé. Et si on étudie la religion, on comprends que El était le gardien de la région et que son fils aîné était appelé Baal. Donc on a Yahweh qui est le garde des juifs et Baal et il se trouve que Yawheh déteste Baal, je veux dire, c’est mentionné au 1020 dans la Bible « n’honorez pas ce gars, si vous l’honorez je vous tuerai » et on se retrouve avec une querelle familiale ! Et c’est énorme en proportion parce que maintenant nous appelons Baal le diable, il a les cornes, le trident. Et ce qui porte encore plus à confusion, nous l’appelons Satan, ce qui est faux car Satan est un autre personnage qui travaillait pour Yawheh, et c’était un bon gars. Pour moi c’est presque devenu personnel cette question, « pourquoi Yawheh déteste tant son frère ? » donc c’est un aspect intéressant. Et d’un autre coté, les gens ne savent pas, par exemple, que les Egyptiens avaient des musées, ils avaient des historiens et ils étaient vraiment passionnés d’histoire ! Mais quand on lit leur histoire où les historiens écrivent des choses comme « Le Dieu entre dans la pièce » ou « le Dieu s’envole », on se dit que c’est inventé. Et là on dit que des centaines d’historiens ont menti. Donc je me suis dit « Et si ils ne mentaient pas ? ». J’ai également visité Baalbek, qui est la demeure de Baal au Liban. Elle a des pierres de plus de 1000 tonnes ce qui représente le poids de plus de 20 tanks. C’est incroyable ! Et ce qui l’est encore plus c’est que ça a été crée il y a 5000 ans ! Donc quand les historiens ont écrit, « il est arrivé, il a fait cela et il s’est envolé » je me dit ok ! Rires. Et après je me suis dit « Et pourquoi ils ne seraient pas là de nos jours ? ». Et ce sont ces trois éléments qui m’ont donné envie de raconter cette histoire. Le dernier élément, dont vous avez peut-être entendu parler, c’est qu’en mai dernier, le Pentagone a confirmé l’existence de l’incident du USS Nimitz.

MJ : Non ça ne me dit rien.

W : En fait c’était un drone qui voyageait à une vitesse de 80 000 kilomètres/heures suivant les navires et il y a 7 pilotes qui ont pu confirmer avoir vu et enregistré cela avant que cela soit confirmé par le Pentagone. Donc c’est vraiment quelque chose d’important ! Depuis des décennies, il y a des gens qui nous parlent d’OVNIS, et cette fois, c’est la première que le Pentagone admet que c’est vrai, ce drone allait à une vitesse de 80 000 km/h et on ne sait pas ce que c’est ! Donc si l’on prend tous ces éléments ensemble, c’est le début de l’histoire, ce qui répond à votre première question. Je voulais que cela soit situé dans le présent, même si forcément, on doit retourner au futur pour donner du contexte, mais les gens veulent quelque chose qui se passe maintenant, à l’époque où l’on vit.

MJ : D’accord ! Vous avez également déjà répondu en grande partie à ma seconde question : « Nous voyons beaucoup de références à l’histoire et à la religion. Ces thèmes sont-ils aussi une passion pour vous, dont vous vouliez parler dans une histoire ? « 

W : Effectivement ! Rires. Il y a également d’autres éléments, par exemple quelque chose qui m’intéresse particulièrement sont les rituels dans les temples en ces temps là. Les sacrifices d’enfants, les rituels de sang, le rituel le plus important dans les temples d’Europe, de Méditerranée ou d’Afrique était le don de la moitié de son sang aux dieux. Que cela soit sous la forme de sang humain comme des bébés, ou animaux comme les vaches, ou les veaux. Encore une fois, c’est très étrange que les gens fassent cela pendant des milliers d’années ! Je suis devenu un peu expert grâce à mes recherches et donc toutes les scènes sont donc totalement réalistes du point de vue de l’Histoire. Donc voilà pour ce qui est de mon rapport à l’Histoire !

MJ : Très bien ! Le mélange entre l’histoire et l’art de Wouter Gort fonctionne très bien et il semble être un artiste talentueux. Était-ce votre première collaboration avec l’équipe créative ? Comment les avez-vous rencontrés ?

W : A la base, je suis plus proche d’un historien et on voulait donc un scénariste de film, pas un écrivain car comme vous le savez sûrement, les graphic novels ressemblent plus à des films. Ils sont un juste milieu merveilleux entre les deux mais ils sont plus proches des films. Donc j’ai parlé à une productrice d’Hollywood qui m’a recommandé un gars qui m’a recommandé 10 personnes qui étaient apparemment très bons. Donc j’ai fait des entretiens avec eux et j’ai rencontré Rob McMillan (NDLR : le scénariste du comics) qui est très bon en développement de personnage et en dialogue qui sont mes faiblesses ! Rires. Donc c’était parfait ! Rires. Donc on a travaillé tous les deux sur l’histoire. J’aime beaucoup différents styles de comics et je pense qu’il y a vraiment trois sortes de comics, l’hyper-réalisme qui se charge d’être le plus réaliste possible, le comics dessiné qui est un peu plus traditionnel et enfin le comics peint. Et je me suis dit que c’était un trop gros projet pour un seul artiste de faire tout ça et que ça serait plus drôle de créer trois environnements différents et on a donc demandé à 50 artistes que l’on a sélectionné via Artstation et à peu près 20 d’entre eux étaient disponibles car c’est un gros projet qui prend environ 1 an pour chaque artiste à temps plein. Et on a du leur faire passer des tests de dessin car en terme de temps c’était très compliqué, on devait rendre toutes les semaines des pages. Certains artistes peuvent concevoir des dessins magnifiques mais cela leur prends 4 ou 5 jours et on avait besoin qu’ils aillent plus vite. Donc on a rencontré des artistes fantastiques comme Wouter (NDLR : Wouter Gort est l’artiste derrière le premier tome de La Fin des Irin) aux Pays-Bas qui fait la partie plus réaliste, Laura à Madrid dans un style beaucoup plus dessiné, magnifique, et enfin le style le plus difficile, le comics peint et on a trouvé ce gars génial à Moscou en Russie. Donc c’est comme ça qu’on a réuni l’équipe !

MJ : Okay ! Pour l’instant on a eu la chance de lire le tome 1 en avant-première et apparemment vous travaillez sur le tome 2 de The Last of the Irin. Travaillez-vous dessus et si vous le faites, comment travaillez-vous ensemble avec la situation actuelle, le COVID-19 et toute la crise autour de cela ?

W : Ah oui, avez-vous eu des extraits du second volume ?

MJ : Non pas encore !

W : Attendez je vais vous en montrer ! Vous serez la première personne à le voir !

Marlon a alors assisté à la découverte du prochain tome en exclusivité, découvrant des pages magnifiquement bien dessinées et impressionnantes. Il faudra malheureusement attendre encore un peu avant de le découvrir par vous même !

W : Voilà donc son style, on espère commencer la diffusion autour de Noël ! Le process a été le suivant : J’ai fini d’écrire la trilogie en entier en écrivant la description des scènes, ensuite je l’envoyais à Rob qui écrivait le script autour et ensuite je le transformais en page de graphic novel avec des images de référence et ensuite on l’envoyait à Wouter qui faisait une esquisse (NDLR : Vous pouvez d’ailleurs retrouver le process artistique dans le second article sur La Fin des Irin !) Et pour ce qui est du Covid, on est tous dans des villes différentes donc cela n’a pas changé grand chose car on se rencontre pas physiquement de toute façon ! Rires. Ce sont des gens très fiables, travailleurs et très talentueux, c’est vraiment l’un des meilleurs projets sur lesquels j’ai travaillé.

MJ : D’accord ! En parlant du tome 2, nous avons hâte de le lire. Pourriez-vous nous le teaser ?

W : Comme vous l’avez dit, c’est une histoire vraiment complexe avec de très nombreuses couches et introduire toutes ces couches dans le premier tome aurait juste ennuyé tout le monde ! Mais au moins maintenant à la fin du premier tome on a posé les fondations, on peut un peu plus s’amuser car les gens savent qui est qui, ce qui se passe dans les grandes lignes, donc le tome 2 est beaucoup plus centré sur l’action et a un rythme plus élevé, il est plus drôle et il y a un nouveau personnage qui va apparaitre, le sidekick d’Anahita (NDLR : un des personnages centraux du comics), et c’est un gars vraiment drôle et intéressant. Le deuxième tome est très différent, pas seulement dans son look mais aussi dans le fait qu’il y a plus d’action et d’humour. Donc je pense que vous allez l’aimer ! D’ailleurs on suit l’action sur d’autres planètes, ce qui est plutôt drôle ! Et vous allez découvrir la vraie Anahita, la fille dure à cuire qu’elle est en tant que jeune adulte ! Je sais pas si vous avez lu le Seigneur des Anneaux ou des choses comme ça mais souvent, dans le premier livre, vous mettez en place les choses et vous arrivez pas très loin à la fin, c’est une fin en teasing. Le tome 2 est la fin de l’histoire et le 3 est comme un retour donc c’est structuré de cette façon. Donc il y a un vrai sens d’accomplissement à la fin du tome 2.

MJ : Et prévoyez-vous ou souhaitez-vous publier The Last of the Irin en copies physiques ?

W : L’entreprise à donné un nombre de minutes minimum sur le site avant de publier physiquement Last Of the Irin, donc toutes les semaines on a de plus en plus de minutes et c’est assez marrant de regarder. D’ailleurs la communauté francophone est passée de très petite à impressionnante dans les dernières semaines (NDLR : l’interview a été enregistrée fin octobre). En France les graphic novels sont très bien ! Bien plus sophistiqués que des Marvel par exemple, aussi bien dans le style de dessin que dans la complexité de l’histoire. C’est pour ça que j’ai insisté pour que le comics soit dans les deux langues.

MJ : D’accord ! Et si The Last of the Irin était adapté en film ou en série Netflix, qui aimeriez-vous voir le réaliser et choisiriez-vous les rôles principaux ?

W : Comme je l’ai dit, Rob l’a structuré comme un film donc si on imagine que chaque page fait à peu près 30 secondes, et chaque double page fait une minute, avec ses 100 pages, on aurait un film d’une heure et 10 minutes ! Le grand problème d’un comics comme Watchmen c’est qu’il fait 60 000 mots alors que de notre coté on a 9 000 mots dans le premier tome, 10 000 dans le deuxième et 12 000 dans le dernier. Il est structuré de façon à ce qu’un studio de film puisse le convertir en film. Watchmen est un comics brillant mais est très difficile a adapter en film. Mon goût en film est très sombre, donc je pense pas que cela soit une bonne idée de le vendre ! Rires. Je suis aussi plutôt vieux donc mon réalisateur préféré de science-fiction est Tarkovski (The Sacrifice, Solaris, Mirror), c’était un réalisateur russe génial mais il est mort donc c’est compliqué ! Rires. Bong Joon-ho de Corée est un réalisateur que j’aime beaucoup et j’aime beaucoup sa façon de travailler. En termes de personnages, je les aime ces personnages, ce sont comme des gens que je connais ! C’est très étrange ! Rires. J’y suis très attaché ! Maintenant, je verrai bien Zendaya jouer Anahita par exemple. Elle est très athlétique, très grande. Satan, qui pour moi est un personnage vraiment important, je suis en train d’essayer de réparer son image. Rires. Il a eu une mauvaise image au fil des siècles. Je verrai bien quelqu’un comme Gary Oldman, peut-être, c’est un grand acteur. Voilà quelques idées ! Mais je suis aussi partisan de ne pas choisir d’acteurs connus ! On se rappelle tous de Titanic ou d’Avatar qui étaient portés par des acteurs pas du tout connus à l’époque et c’était les deux plus gros films de tous les temps jusqu’à l’année dernière.


Ainsi se termina cette interview si intéressante d’un homme passionné et passionnant abordant les divers angles de la création qui l’a transcendé lui et son équipe pendant les nombreux mois de travail qui ont mené à l’aboutissement du comics La Fin des Irin !

Vous pourrez le retrouver en cliquant ci-dessous !

https://lastoftheirin.com/?lang=fr&utm_source=universdescomics&utm_medium=article3&utm_campaign=pr

N’hésitez pas à aller le lire !

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