THE DARK SIDE: Double-Face


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Bonjour à tous et à toutes, et bienvenue dans un nouveau numéro de cette chronique. Dans The Dark Side, notre équipe éditoriale cherche à analyser un vilain iconique de l’univers des super-héros, de comprendre ce qui a fait de lui un antagoniste de nos héros préférés. Dans le numéro précédent, nous avons analysé le personnage de Kingpin, le roi de la mafia new-yorkaise. Et dans ce numéro, nous étudierons le personnage ambivalent d’un anti-héros/criminel par excellence : Double-Face.


Qui est Double-Face ?

Le personnage de Harvey Dent/Two-Face (Double-Face en français) fût créé par Bob Kane et Bill Finger et apparut dans Detective Comics #66 en août 1942. A l’origine, le personnage était trop torturé, et on le délaissa en faveur de personnages plus « adéquats » pour un public jeune. Il fut ramené à la vie en 1968 par l’auteur Dennis O’Neil, dans World’s Finest Comics #173, où Batman lui avoue qu’il est le criminel qu’il redoute le plus.

Enfant sage et très intelligent issu d’un milieu modeste, sa mère mourut lorsqu’il était très jeune. Il grandit sous l’égide d’un père violent souffrant de graves troubles psychologiques, aux côtés de son grand frère Murray. Un jour, ce dernier mit le feu aux rideaux du salon de leur maison, et l’incendie se propagea dans toute la pièce. Harvey, pris de panique, sortit de la pièce et referma la porte à clé derrière lui, provoquant ainsi la mort de son frère. Son père le haïra pour cela, et le punira souvent sans raison. Lorsqu’il rentrait du travail, il lançait en l’air sa pièce fétiche : si la pièce retombait côté pile, il était sauf ; si c’était face, il était sévèrement battu par son père. Mais la pièce était truquée, elle avait deux côtés face.

Son enfance violente et la responsabilité de la mort de son frère, engendrèrent de sévères troubles mentaux : schizophrénie et bipolarité. Mais Harvey voulait s’en sortir : il devient avocat, puis procureur de Gotham City à 26 ans (juste avant l’apparition de Batman). Mais Dent montre des signes précurseurs de sa pathologie mentale : ultra-perfectionniste, ne supportant pas les compromis, il est obsédé par la justice et l’éradication de la corruption.

S’alliant à Batman pour lutter efficacement contre la pègre de Gotham, leur coopération connait cependant une fin brutale. Lors du procès de Salvatore Maroni, Dent présente une pièce de monnaie truquée retrouvée sur la scène du crime, avec les empreintes du prévenu dessus. Maroni, fou de rage, asperge le visage du procureur avec de l’acide sulfurique. Harvey se retrouve avec la moitié gauche de son visage complètement brûlée et défigurée, alors que l’autre moitié reste intacte. Ce traumatisme fait resurgir les vieux démons d’Harvey et il perd à tout jamais son équilibre mental. A partir de là, il ne supportera plus son horrible visage, et tailladera une des faces de la pièce de Maroni et l’utilisera pour diriger ses actions. Double-Face est né : un criminel au visage à moitié défiguré, au costume divisé en deux et ne se séparant jamais de sa pièce fétiche.

Harvey Dent a été plusieurs fois porté à l’écran au cours des années, dans des films et séries des années 1960 à 2010. Mais bien sûr, le portrait le plus inoubliable du Chevalier Blanc de Gotham fut celui d’Aaron Eckart dans la trilogie The Dark Knight de Christopher Nolan, qui offrit une origine cinématographique très fidèle à l’ancien procureur.


En quoi Double-Face est-il un vilain ?

Double-Face est l’un des criminels les plus prolifiques de Gotham City, et ce n’est pas étonnant vu qu’avant de sombrer dans la folie, il était l’un de ses plus grands défenseurs. Il connait parfaitement les rouages de la justice et Gotham n’a aucun secret pour lui. Il a des connexions dans tous les milieux, et cela grâce à son ancien rôle de procureur. Il est certes un être humain normal sans super-pouvoirs, mais il n’en reste pas moins un homme extrêmement intelligent et un stratège hors-pair. Et un point non négligeable : Double-Face est un expert au combat au corps à corps, car Harvey Dent avait été entrainé par Bruce Wayne/Batman lui-même !

Mais le véritable pouvoir de Double-Face est le fait qu’il soit imprévisible, et qu’il agisse en total décalage de la société et de ses règles. En succombant à ses mauvais instincts, il est devenu un sociopathe, sans aucune réelle notion du bien ou du mal, préférant s’en remettre à la chance plutôt qu’à la morale pour ses choix irrévocables. Il ne croit ni à la rédemption ni à la réhabilitation, ni au sacrifice pour une quelconque cause. Il y a seulement lui et ses décisions. Il préfère le destin au choix, l’irresponsabilité au devoir, la corruption à la justice. Tout cela est regroupé en un homme, étant devenu l’exact opposé de celui qu’il fût, l’autre « face » de sa pièce. Double-Face est totalement obsédé par la dualité, allant jusqu’à ses vêtements, ses armes (un fusil a double canon,…) ou encore les lieux qu’il occupe (le numéro 222 de la 22ème rue par exemple). Il se remet complétement à sa pièce pour ses décisions, et ne peut rien faire sans elle. C’est d’ailleurs Grant Morrison dans son Arkham Asylum: A Serious House on Serious Earth qui met en avant cette dépendance de Double-Face envers sa pièce fétiche.

Double-Face représente littéralement la dualité de chaque chose, chaque homme qui y vît. Il est la personnification du choix, le choix de chaque personne de choisir quel chemin emprunter dans sa vie. Il porte ce choix sur son visage et ne pourra jamais y échapper. Ce personnage montre la dualité de l’âme humaine, le choix que nous pouvons faire chaque jour entre créer ou détruire notre vie. Mais Double-Face est surtout une dénonciation des sociétés actuelles et veut montrer comment la violence omniprésente, la justice déloyale, les défenseurs de la loi corrompus et les injustices grandissantes peuvent pervertir même un champion de la justice comme le fût Harvey Dent.


En quoi Double-Face n’est-il peut-être pas un vilain au final ?

La violence du personnage, sa schizophrénie, son intransigeance, son esprit criminel et sa fatalité font de Double-Face l’un des méchants les plus dangereux de l’univers DC. Mais n’oublions pas qui il était avant de devenir un criminel : un homme qui était autrefois un petit garçon sage et timide, une âme pure qu’on a malmené. Un inflexible défenseur de la justice, qu’un système gangréné par la corruption et la violence, a fini par corrompre. Un homme incorruptible, prêt à tout pour protéger les innocents. Autrefois, Il était Harvey Dent, le Chevalier Blanc de Gotham City, le côté pile de la justice, où Batman était le côté face.

Mais passons au personnage dans le film The Dark Knight. Dans ce second opus de la trilogie, on découvre Harvey Dent alors qu’il est l’un des procureurs les plus prolifiques de Gotham. Il n’hésite pas a s’attaquer à la pègre et forme un triumvirat avec le commissaire Gordon et Batman. Il est l’incarnation de la justice incorruptible, et le film nous montre sa descente aux enfers, jusqu’à ce qu’il devienne Double-Face : un homme bon, loyal et honnête, corrompu et poussé à bout après avoir tout perdu. Il perd pied à la mort de sa fiancée, rongé par la peine, et devient alors Double-Face, un homme qui a sa vision de la justice, et qui cherche simplement à se venger de ceux qui ont précipité sa chute.

Même s’il a sombré dans le crime, Double-Face n’opère pas uniquement hors-la-loi comme n’importe quel criminel. Il n’obéit qu’à une seule loi : celle des choix de sa pièce fétiche. Il a même protégé la ville de Gotham en l’absence de Batman et Robin, repassant du bon côté de la loi et devenant une sorte de justicier, avant de sombrer à nouveau dans le crime avec le retour du Chevalier Noir. Dans l’arc Forever Evil de 2013-14, le Syndicat du Crime de Terre-III invite tous les supers-vilains du monde à rejoindre le Syndicat, et Double-Face est évidemment convié. S’en remettant au choix de sa pièce, celle-ci décide qu’il ne rejoindra pas le camp d’Ultraman et cie.

Au final, beaucoup de raisons font d’Harvey Dent/Double-Face l’un des plus grands ennemis de Batman. Peut être par son génie criminel et son imprévisibilité. Peut être par ses connaissances du système judiciaire. Peut être parce que les deux étaient alliés, et amis. Une phrase du personnage dans The Dark Knight résume parfaitement le personnage :

Vous avez cru qu’on pouvait être des hommes admirables, en des temps détestables. Mais vous aviez tort. Le monde est cruel, et la seule moralité qui existe dans un monde cruel c’est la chance : impartiale, équitable, juste.

A sa création, Double-Face avait été jugé comme personnage trop violent et sombre pour son époque. Aujourd’hui, l’époque correspond parfaitement au personnage, qui personnifie la corruption des citoyens par la société. C’est un constat assez triste de par son exactitude. Mais ce qu’on peux voir en Dent, c’est un homme qui a tout perdu, et dont les choix l’ont mené à sa perte. Malgré une vie honnête et une attitude admirable, la vie l’a précipité au fond du gouffre. Ne croyant plus en rien, Double-Face a choisi de placer sa foi et sa vie dans la seule chose qui lui semble impartiale : la Chance.


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Chaque mois, nous produisons aussi quatre autre chroniques : Power Girls, qui se centre sur des personnages féminins des comics (le mois passé : Wasp) ; Comics Out qui met en avant des personnages LGBT des comics (le mois passé : Harley Quinn) ; Agent Double, qui présente des acteurs et actrices ayant joué au moins deux rôles de comics (le mois passé : Brandon Routh) ; et le Top 5 qui présente divers sujets sous format de top, comme le Top 5 des héroïnes les plus badass.

Toutes les semaines, nous produisons aussi des One-Shots. On y parle notamment des projets de DC pour le futur proche ou de les personnages de l’univers Spider-Man qui mériteraient leur propre série.

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