« Warrior Nun » : les nonnes passent à l’attaque (REVIEW)


En ce début d’été 2020, Netflix continue de surfer sur la vague des adaptations de comics version petit écran en diffusant depuis le 2 juillet dernier Warrior Nun.

Tirée du roman graphique, très proche du style manga créé par Ben Dunn et publié en 1994 chez Antarctic Press, la nouvelle série de la plateforme nous raconte l’histoire d’Ava Silva (Alba Baptista) qui, après avoir perdu sa mère dans un accident de voiture en Espagne, devient tétraplégique et est envoyée dans un orphelinat catholique du pays. Maltraitée, Ava y meurt dans de mystérieuses circonstances, âgée de seulement 19 ans. Alors que sa dépouille repose dans une église dans l’attente de son inhumation, un groupe de sœurs guerrières répondant au nom de l’Ordre de l’Epée Cruciforme investit les lieux afin d’échapper à une bande de mercenaires. Acculée, l’une des sœurs se voit dans l’obligation de cacher dans le corps d’Ava un Halo magique. Quelques instants plus tard, la jeune fille ressuscite. En pleine possession de tous ses moyens, notamment la faculté de marcher, elle se découvre de nombreux pouvoirs et décide de prendre la fuite. S’en suit alors une constante tergiversation entre son envie de profiter de sa nouvelle vie et son devoir de servir les nonnes guerrières.

Volontairement aseptisée (beaucoup moins trash et moins sexy) que le comics original, la nouvelle série made by Netflix réalisée par Simon Barry (Van Helsing) se révèle néanmoins plutôt agréable à regarder. Portée par un casting sympathique et convaincant à l’image de l’actrice principale, Alba Baptista, jeune portugaise qui fait là ses grands débuts aux Etats-Unis après presque dix ans de carrière dans son pays natal. Comme son nom l’indique, Warrior Nun fait la part belle au Girl Power puisqu’autour de la jeune Ava nous retrouvons tout un groupe de nonnes combattantes aux allures plutôt badass composé de Sœur Mary, Sœur Lilith et Sœur Béatrice, respectivement à la ville Toya Turner, Lorena Andrea et Kristina Tonteri-Young.

Côté scénographie, le dédale de ruelles espagnoles, majoritairement andalouses (Séville et Malaga), nous offre une photographie qu’il est important de mettre à l’honneur en particulier pour la couleur et la composition. Des images d’autant plus plaisantes qu’elles sont sublimées par une bande son très riche, souvent moderne et punchy (la movida en somme !), contrastant parfaitement avec l’atmosphère relativement obscure, mystérieuse voire cabalistique du milieu ecclésiastique qui nous est dépeint.  

Cependant, bien que Warrior Nun soit satisfaisante dans son ensemble, quelques petits bémols sont toutefois à apporter. Le rythme tout d’abord, lequel en dépit de plusieurs scènes de combat, demeure assez lent, ce qui empêche à certains moments la série de garder sa dynamique originelle. C’est d’autant plus regrettable que le scénario met en scène des ninjas (certes nonnes, mais ninjas quand même !), et le combat devrait être, logiquement, au cœur de la série. Il faut noter également quelques aberrations, ou tout du moins quelques incohérences dans certaines scènes, comme par exemple lorsque l’une des sœurs-ninjas déambule tranquillement au beau milieu d’un aéroport en tenue de combat, son sabre à la main, ce qui semble à priori normal pour tous les autres passagers du hall, qui ne bronchent pas. Enfin la voix-off d’Ava qui n’a pas grand intérêt surtout lorsque celle-ci tente à plusieurs reprises de faire des traits d’humour, mais ces derniers tombent vite à l’eau dans le contexte de conspiration religieuse.

En résumé, quelques petits points négatifs auront tendance à ramener le téléspectateur à la réalité, mais Warrior Nun reste au finale une belle surprise malgré un thème pas toujours facile à aborder. Un chouette divertissement à regarder chez soi en cette période où les cinémas offrent peu de nouveau contenu.

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