THE DARK SIDE: Cheetah


Ce mois-ci, plongeons dans le côté obscur de la force et braquons nos projecteurs sur la pire ennemie de Wonder Woman, j’ai nommé Cheetah. Partons à la découverte de cette némésis nuancée dans ce nouveau numéro de The Dark Side.


Qui est Cheetah ?


Imaginée par le psychologue américain William Moulton Marston et le dessinateur Harry G. Peter pour donner du fil à retordre à la célèbre amazone de chez DC Comics, Diana Prince, Cheetah voit le jour en octobre 1943 dans le sixième numéro de la revue Wonder Woman. Derrière elle se cachent en réalité trois femmes lesquelles ont toutes, tour à tour, revêtu le costume du fameux guépard.

Jeune femme de bonne famille, légèrement excentrique, souffrant à la fois de dédoublement de la personnalité et de complexe d’infériorité, Priscilla Rich est la première à prendre les traits de Cheetah. Les deux femmes se rencontrent d’ailleurs pour la première fois à l’occasion d’une collecte de fonds en faveur des femmes et des enfants d’Europe où Wonder Woman se trouve justement conviée en tant qu’invitée d’honneur. Durant la soirée, la meneuse du Junior League Committee tente, fort heureusement en vain, d’éliminer l’Amazone. Ce fut là leur premier affrontement.

Plus tard, à son décès, Priscilla Rich est remplacée par sa propre nièce, Deborah Domaine. Ancienne militante écologiste auprès de l’O.E.S. l’Organization for the Ecological Sanity, celle-ci s’avère être tout aussi dérangée psychologiquement que sa tante. Néanmoins, la jeune femme, une fois transmutée en guépard fut une adversaire extrêmement redoutable, et ce jusqu’à son ultime combat qui eut lieu dans Crisis on Infinite Earths.

Enfin, l’archéologue britannique, spécialiste des civilisations et des langues anciennes, Barbara Ann Minerva, reprend pour la troisième et dernière fois le flambeau en endossant elle aussi la tenue de Cheetah. C’est lors d’une expédition dans une tribu africaine que l’on propose à la jeune femme de  bénéficier du pouvoir d’immortalité. Pour ce faire, elle doit accepter de sacrifier son collègue, le Dr. Tom Leavens, puis boire le sang de ce dernier. Prête à tout, elle est donc transformée en Cheetah par le grand prêtre de la tribu, un dénommé Chuma. Dès cet instant, la femme-guépard jouit d’une force incroyable, d’une vitesse et d’une ouïe hors du commun, ainsi que d’un contrôle sans borne sur les animaux.

Cette ultime version de Cheetah est, de loin, probablement la plus connue et la plus développée des trois. Rien d’étonnant donc à ce que Barbara Ann Minerva, alias Cheetah (Kristen Wiig) ait été choisie pour être la principale adversaire de Wonder Woman dans le deuxième volet de l’Amazone dans le DC Extended Universe, Wonder Woman 1984, lequel sortira dans les salles obscures à Noël prochain.


En quoi Cheetah est-elle une méchante ?


Il faut dire que depuis la fin des années ’80 (plus précisément 1987) et l’arrivée de Barbara Ann Minerva sous les traits de Cheetah, cette dernière est passée du statut de villain plutôt marginal, ou tout du moins de second plan, à celui de terrifiant personnage.

En effet, alors que Priscilla Rich et Deborah Domain incarnaient des femmes de la bonne société, aisées, qui ne cherchaient finalement, au travers de Cheetah, qu’un peu de reconnaissance et beaucoup de divertissement, Barbara Ann Minerva fait, en revanche, de suite preuve de davantage d’intelligence et d’ambition que ses deux prédécesseurs.

Le rituel initiatique tout d’abord, au court duquel la jeune femme n’hésite pas à sacrifier son collègue pour obtenir les pouvoirs de Cheetah atteste de la cruauté et de la férocité du personnage qui se place donc immanquablement du côté des pires villains DC. Barbarie dont elle fera à nouveau preuve une autre fois lorsque Sebastian Ballesteros tentera plus tard de brièvement usurper le rôle de Cheetah. Là encore, Barbara Ann Minerva n’hésitera pas à tuer l’homme d’affaire argentin dans d’impitoyables conditions. Puis, à une autre reprise encore, dans Wonder Woman: Odyssey, lorsqu’elle piège et tue, sans pitié aucune, plusieurs amazones dont une jeune fille.

Par la suite, Cheetah rejoint au cours de sa carrière plusieurs groupes pour le moins malintentionnés tels que la Secret Society of Super Villains qui compte notamment dans ses rangs Captain Boomerang, Deadshot, le Dr. Silvana, Gorilla Grodd, Poison Ivy, le Pingouin, le Sphinx ou bien encore Star Sapphire. Rien que ça ! La femme-guépard fait également partie de la Legion of Doom avec d’autres villains à l’instar de Lex Luthor, le Joker, Sinestro, Black Manta ou bien Gorilla Grodd. C’est d’ailleurs en « collaborant » avec ces groupes de villains que Cheetah participe à la création de Genocide, un personnage ayant accroché à son tableau de chasse des super-héros tels que Green Lantern, Red Tornado ou bien encore Firestorm.

Bien que sa première adversaire ait été Catwoman dans les rues de Rome, Barbara Ann Minerva, une fois transmutée en Cheetah, « n’a d’yeux » que pour Wonder Woman et son fameux lasso de vérité. En tant qu’archéologue, l’artéfact représente pour la jeune femme un objet d’une valeur inestimable à ajouter à sa collection.

Corrompue, vicieuse et vindicative, Cheetah se trouve donc aux antipodes des valeurs prônées par Wonder Woman. Cependant, contrairement à ce que l’on pourrait légitimement penser, les deux femmes n’ont pas toujours été si opposées.


En quoi Cheetah n’est peut-être pas une méchante, au final ?


En effet, si Barbara Ann Minerva, a.k.a Cheetah voit Wonder Woman comme une ennemie, cette dernière en revanche, considère davantage l’archéologue comme une amie perdue, qu’elle n’a pu sauver. Attitude qui peut, sous certains aspects, contrebalancer à défaut d’atténuer, le caractère malfaisant de Cheetah.

Dans les versions pré-Flashpoint et DC Rebirth par exemple, Barbara Ann Minerva et Diana Prince sont très proches, au point de se lier d’amitié l’une pour l’autre. Il faut dire qu’à ce moment-là, la jeune Amazone vient tout juste de quitter son île et ne parle pas un seul mot d’anglais. L’archéologue accepte donc de lui donner quelques cours afin de maîtriser la langue de Shakespeare. En d’autres occasions, cette dernière aide également Wonder Woman en traduisant pour elle certains documents rédigés dans une langue morte, ou bien en lui apportant des renseignements sur quelques reliques anciennes.

Ce n’est qu’une fois la transformation de Barbara Ann Minerva en Cheetah accomplie que, d’une part la rivalité entre les deux personnages se fait jour et, d’autre part, que l’ambiguïté quant à la nature du comportement de Cheetah se révèle également. De fait, l’opposition entre les deux femmes demeure relativement fluctuante au cours de leurs différents affrontements. Un évènement en particulier met parfaitement en évidence cette ambivalence : le jour où, lors d’une aventure dans les Balkans, plus particulièrement dans un pays nommé Pan Balgravia, Wonder Woman décide de sauver la vie de Cheetah, laquelle s’était retrouvée prisonnière des   mains du dictateur le Baron Von Nastraed.

Par ailleurs, le parcours de Barbara Ann Minerva sous les traits de Cheetah se caractérise par un incessant tiraillement entre la femme qu’elle était, et qui désormais souffre, et le monstre qu’elle est devenue. Un tiraillement dû au rituel initiatique effectué lors de sa mutation. Contrairement à ce qu’énoncent la légende africaine et le Dieu Urzkartaga, Barbara Ann Minerva n’était pas vierge lors de l’accomplissement de ce fameux rituel. En résulte alors pour la jeune femme une sorte de malédiction qui la condamne, en tant qu’humaine, à d’insoutenables douleurs accompagnées d’addictions aux drogues, alors qu’en contrepartie, une terrible soif de sang l’habite une fois mutée en Cheetah.

Sous le costume du monstre qu’est Cheetah se cache donc un hôte, une femme, un personnage fondamentalement curieux, une archéologue passionnée, avide de découvrir de nouvelles choses et qui, en conséquence, finit par franchir l’infranchissable, la barrière du mal.

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Par conséquent, personnage fort et indépendant, à la recherche de liberté et d’immortalité, Cheetah est en fin de compte tiraillée entre la femme et le monstre. Tantôt caractérisée comme anti-héros ou vilaine absolue, son caractère et cette dichotomie ont souvent été utilisés, sinon à mauvais escient, tout du moins à son désavantage. Elle n’en reste pas moins cependant, un des principaux villains DC de ces dernières années.

Encore une preuve que la limite entre le bien et le mal est parfois floue et souvent fine, surtout quand la curiosité devient une obsession.


Si vous n’avez pas pu lire le précédent numéro de The Dark Side, allez jeter un oeil ! Nous parlions de Thanos.

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