REVIEW SANS SPOILER: Justice League



Cinquième film du DCEU derrière Man of Steel et Batman v Superman: Dawn of Justice de Zack Snyder, Suicide Squad de David Ayer et Wonder Woman de Patty Jenkins, Justice League a la lourde tache de réunir tous les plus grands héros de la Terre en un seul film et de suivre l’aventure commencée il y a de cela 4 ans. Voici la review de Justice League de Zack Snyder, film sorti le 15 novembre en France et en Belgique.

Le film suit donc Batman et Wonder Woman qui cherchent à recruter plusieurs héros afin de contrer l’attaque de Steppenwolf, un extra-terrestre surpuissant, et son armée. Ils recrutent ensuite Barry Allen alias The Flash, Arthur Curry alias Aquaman et Victor Stone alias Cyborg. Ceux-ci s’en vont donc en guerre contre Steppenwolf et son armée de paradémons.

Cela semble vous rappeler quelque chose ? Rempacez donc Batman et Wonder Woman par Nick Fury et Black Widow, Steppenwolf et ses Paradémons par Loki et ses Chitauris et vous aurez The Avengers. Les scénaristes ne sont pas à blâmer puisqu’ils ont rempli le cahier des charges à savoir bâtir l’équipe de justiciers la plus forte du monde pour qu’elle puisse faire face à un adversaire plus fort qu’elle. Mais qu’est-ce qui fait que Justice League n’est pas le succès escompté ?

Si il y a une chose qui a été parfaite dans le film, et c’est ce qui revient le plus, ce sont les personnages et les interactions entre eux. Voici un rapide retour sur les principaux protagonistes et leurs acteurs respectifs.

Batman: Joué pour le troisième film consécutif par Ben Affleck, Batman est en quête de justice et semble bien moins occupé par ce qui arrive à la Terre et trouve même le temps de faire quelques petite blagues qui dédramatisent complètement la situation. Cela aurait pu fonctionner dans un Guardians of the Galaxy mais pas dans un Justice League et encore moins avec Batman. En dehors de cet aspect « rigolo », Batman et son univers sont assez cohérents et ne manquent pas de nous étonner. Affleck est passé du milliardaire grisonnant et grincheux de Batman v Superman: Dawn of Justice au bout-en-train que l’on connaît dans Justice League.

Wonder Woman: Incarnée par Gal Gadot, la princesse amazone apparue pour la première fois dans Batman v Superman: Dawn of Justice est à peu près le seul personnage qui ne sort pas de vanne du film. Bien moins naïve que dans son film solo, l’héroïne aide l’homme chauve-souris à recruter de nouveaux équipiers. Gadot joue toujours aussi bien l’amazone guerrière et tant mieux puisque c’est dans ce rôle de guerrière qu’on la voit pendant quasiment tout le film. Aucune trace de la Diana Prince, ambassadrice de Themyscira et symbole de la paix.

Aquaman: « Il parait que tu parles  aux poissons ? ». L’un des personnage de comics les plus moqués fait son apparition au cinéma et est toujours autant moqué mais par les personnages du film cette fois-ci. Jason Momoa incarne parfaitement la puissance du personnage et sa solitude. Pas encore très affirmé, Aquaman pourrait devenir un personnage bien plus intéressant au fil des films.

Cyborg: Parmi les nouvelles recrues, Victor Stone, incarné par Ray Fisher est sans aucun doute celui qui a le plus droit à de la backstory. Ray Fisher joue Cyborg mas n’insuffle pas particulièrement d’émotion, peut-être est-ce dû au fait que la moitié de son visage est couvert ? Découlant directement de cela, Cyborg n’est pas un personnage intéressant et on se demande bien ce que va pouvoir raconter son film solo.

The Flash: Joué par un Ezra Miller détonnant, le Flash du DCEU n’a rien a envier à celui de l’univers DCTV si ce n’est une backstory. En 2 minutes, on apprend que son père est en prison, accusé du meurtre de sa mère et cela s’arrête là. On apprend ensuite, un peu plus loin dans le film comment il a eu ses pouvoirs dans une réplique et c’est tout pour The Flash. Il faut croire que les scénaristes on pris la phrase « l’homme le plus rapide du monde » trop au mot. Véritable comic relief (un personnage qui, dès qu’il ouvre la bouche sort une vanne), The Flash n’apporte malheureusement pas grand chose à l’univers DCEU.

On note aussi l’apparition de J. K. Simmons dans le rôle du commissaire James Gordon qui joue plutôt bien le personnage cynique. On retrouve aussi Amy Adams dans le rôle de Lois Lane et de Diane Lane dans celui de Martha Kent. Les deux actrices s’en sortent plutôt bien pour leur temps d’apparition à l’écran.

Et nous en venons à la partie la plus intéressante de Justice League, à savoir, l’image et le son. Comme vous le savez peut-être, le film a subi plusieurs problèmes notamment la perte de son réalisateur car celui-ci a choisi de quitter le projet après le suicide de sa fille. Zack Snyder a d’ailleurs confié qu’il n’avait pas encore vu le film. On ressent quand même la patte du réalisateur de Watchmen et 300 à certains moments, qui sont ensuite complétement désamorcés par les plans de Joss Whedon qui a repris le film après Snyder. Lorsqu’un réalisateur détruit ce que celui d’avant a construit, cela ne peut que donner quelque chose d’assez désagréable visuellement. Voici une image récapitulant le changement de réalisateur :

Il est important de noter que toutes les images de Snyder proviennent de la bande-annonce et que celles de Whedon viennent du film, y compris la première qui est un véritable désastre de fond vert. Whedon ampute le film de ses meilleurs aspects: son étalonnage et sa direction photo.

Les 20 premières minutes du film (une fois passé l’introduction des paradémons auprès de Batman) sont une suite sans aucun sens de plans sur les principaux protagoniste sans rien qui les relie.

Un autre point extrêmement critiqué est la musique. Danny Elfman est un bon compositeur. mais Danny Elfman est un bon compositeur pour les films de Tim Burton qui ne se veulent pas forcément épiques. Lorsque le compositeur lui-même vient s’excuser en disant qu’il n’a pas eu beaucoup de temps pour travailler sur le projet, c’est que quelque chose cloche. Le choix d’Elfman de ne pas reprendre les thèmes composés par Hans Zimmer dans les précédents films pour les personnages est aussi très intriguant. On ne peut entendre que le thème de Wonder Woman pendant quelques secondes puis plus rien. Aucune trace du thème de Man of Steel ou de Batman dans Batman v Superman: Dawn of Justice. Le compositeur avait déclaré que l’on pourrait entendre les thème du Batman de Tim Burton (qu’il a lui même composé) et celui de Superman composé par John Williams et effectivement on les entends 15 secondes environ. Le thème composé par Danny Elfman que vous pouvez retrouver juste en-dessous annonçait quelque chose d’épique. Nous en sommes bien loin.

En perdant Zack Snyder, le projet a aussi perdu toute volonté d’élever les personnages au-delà de ce qu’ils étaient. Par exemple aucune trace de l’iconisation quasi-divine de l’homme d’acier, de l’univers sombre et torturé du chevalier noir, de la personnalité tiraillée entre les siens et la Terre ferme d’Aquaman, des questions existentielles sur l’homme que se pose Cyborg, aucune trace nous prouvant que ces membres de la ligue sont humains dans les plans de Whedon.

Si Snyder n’est pas parfait, il avait au moins le mérite de s’identifier à ces personnages et de les faire vivre dans leurs univers respectifs, ce que Whedon ne fait absolument pas. De plus celui-ci à enlevé un grand nombre (très grand nombre d’après les bandes annonces) de scènes du film. Celui-ci s’est vu raccourci pour finir par ne durer que 2 heures, autrement dit le film le plus court du DCEU.

En somme Justice League n’est pas un mauvais film mais pas un bon film non plus. Il est divertissant. Et pour un film de Zack Snyder, juste divertissant n’est pas assez, lui qui nous avait fait réfléchir sur ce qui compose un héros, sur ses actions et son code moral. Si vous avez aimé The Avengers et que vous n’attendez rien de plus que d’être diverti, courrez voir Justice League. Sinon, attendez une possible sortie d’une version longue, en espérant qu’il y en ait une.

Il manque quelque chose à Justice League, peut-être est-ce son réalisateur…

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