JUPITER’S LEGACY : départ en fanfare pour les nouveaux super-héros Netflix (REVIEW)


Netflix, leader des plateformes de streaming, a officiellement lancé la première adaptation des propriétés de Millarworld que le site avait racheté il y a quatre ans. Premier projet parmi plus d’une dizaine d’adaptations en développement du côté de Millarworld Productions, Jupiter’s Legacy est enfin sortie sur nos écrans le 7 mai dernier. Vous vous demandez ce que vaut la série ? C’est pour cela qu’on se retrouve aujourd’hui : parcourons ensemble ce qui fait de cette série – ne nous le cachons pas – une réussite dans une review garantie sans spoiler !

Jupiter’s Legacy, qui adapte donc le comics éponyme de Mark Millar, s’avère sans doute refléter le mieux ce qu’une adaptation devrait être. Millarworld Productions ont en effet pris le mot dans son sens littéral car Jupiter’s Legacy a véritablement été adapté, non dans son histoire ni dans son ton, mais dans son format afin de voir l’histoire passer des pages du comics à l’écran. Avant même de débuter la série, vous verrez d’ailleurs que celle-ci conserve son storytelling original en apercevant que Netflix promeut la série non pas comme la première saison mais le premier volume.

Quelle forme prend cette adaptation ? A la base, Jupiter’s Legacy, hormis la nouvelle série de comics qui commence le mois prochain, est composé de 4 tomes, regroupant en réalité deux séries Jupiter’s Legacy et ensuite deux tomes d’une série préquelle intitulée Jupiter’s Circle, étoffant le monde de Jupiter’s Legacy mais bénéficiant d’une storyline unique. Afin de pouvoir permettre aux spectateurs netflixiens d’explorer tout ce monde et d’éviter ainsi de se farcir tout le préquel en premier lieu, la série aborde d’entrée de jeu les deux storylines : une dans le temps présent et une 90 ans plus tôt. Les deux trames scénaristiques avancent ainsi conjointement au fil des huit épisodes de ce premier volume et marquent une belle réussite pour la série car les deux sont aussi prenantes et intéressantes.

Alors que l’histoire dans le passé vous permettra de vous familiariser avec les héros originaux et leur genèse, les temps présents donnent dès le départ le ton d’apocalypse, nous dépeignant un monde qui aurait pu être le nôtre : l’éthique est floue, les idéalistes sont presque considérés comme extrémistes et la société est sur le point de passer à un autre chapitre. La série est empreinte d’idéologies en filigrane, abordant plusieurs sujets divers et variés mais toujours des sujets humains. En connaissant l’auteur du comics et son attrait pour l’Ancien Testament, il ne sera pas étonnant d’y trouver des références bibliques comme dites plus haut (genèse et apocalypse, comme les début et fin d’une histoire), surtout quand on considère le héros principal, Utopian, comme le super-héros du peuple, voulant protéger les petites gens sans jamais tuer. Mais que se passe-t-il quand la population ne croit plus aux grands principes de son messie ?

C’est là tout l’intérêt de la série. Jupiter’s Legacy nous parle de super-héros dans un monde proche de notre société et nous montre ainsi ce qui arriverait sans doute si des personnes obtenaient des super-pouvoirs dans le monde réel. Partant sur un même concept global que le hit The Boys sur Amazon Prime Video mais rentrant beaucoup plus dans la psychologie de tels changements sociétaux, la série met avant tout les relations au centre de son intrigue et non les actions super-héroïques, ce qui apporte un coup de frais aux séries de super-héros.

Jupiter’s Legacy suit Sheldon Sampson alias Utopian, le plus grand super-héros du monde, à travers les ans avec sa famille. Cette dernière est ainsi au centre des multiples questions très intéressantes abordées dans ce premier volume : comment évolue un enfant quand son père est le plus grand super-héros du monde ? L’enfant va-t-il spécialement l’idolâtrer malgré la quasi-absence de celui-ci en tant que père ? Les relations changent-elles lorsqu’il y a (littéralement) une modification des pouvoirs ? Peut-on imposer une idéologie à ses enfants (et au reste du monde) ? Vous aurez une partie de réponse à ces questions magnifiquement abordées dans la série et vous ne le regretterez pas, car Jupiter’s Legacy est véritablement une série très intelligente.

A cela, vous ajoutez un cast irréprochable, parmi lesquels on remarquera notamment les très bonnes performances de Ben Daniels en Walter Sampson/Brainwave et d’Elena Kampouris en Chloe Sampson, ainsi qu’une présence charismatique et un jeu d’acteur hors du commun de Josh Duhamel dans le rôle principal de Sheldon Sampson/Utopian. La photographie est soignée et le spectateur distinguera directement grâce à celle-ci dans quelle storyline il se trouve, le tout monté avec des transitions extrêmement bien réfléchies, rythmant l’alternance des deux histoires de manière logique. Quant à la musique, même si celle-ci ne se démarque pas plus qu’une autre au fil des épisodes (peut-être étions-nous pris dans l’histoire), la bande originale du générique est quant à elle une réussite, provoquant des frissons de par son émotion et donnant directement le ton de la série.

En résumé, si vous hésitiez à vous lancer dans Jupiter’s Legacy, vous n’avez honnêtement plus à attendre car il pourrait bien s’agir de la série évènement de ce mois de mai. Vous en aurez peut-être marre des perruques après quelques épisodes mais hormis ces légers détails, vous apprécierez l’histoire intelligente et prenante avec ses intrigues qui font réfléchir et ses personnages loin d’être parfaits… comme tout un chacun au final.

Jupiter’s Legacy – volume 1, disponible actuellement sur Netflix.


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