L'Univers des Comics

Tout sur les adaptations de comics au cinéma et à la télévision !

Le Batman moderne et les grands évènements des années 90 – PubliStory of Batman 3/7

Parcourons les années 1987 à 1999

C’est parti pour un nouveau numéro de PubliStory ! La deuxième saison se centre sur celui qui est incontestablement l’un des personnages les plus populaires de DC Comics : Batman. A travers 7 numéros, nous nous penchons sur l’historique des publications du Chevalier noir. Retrouvez l’intégralité du concept de PubliStory of Batman et du programme dans notre sommaire, ainsi que les premiers numéros ci-dessous, que nous vous conseillons de lire au préalable.

Bienvenue dans…

Découvrez notre plus récente série Into the Writer-Verse !

=> Lire INTO THE WRITER-VERSE OF JEFF LEMIRE <=

PUBLISTORY OF BATMAN

Chapitre III : Le Batman moderne et les grands évènements des années 90 (1987-1999)

Si vous avez lu les deux premiers numéros, l’histoire des publications de Batman avant Crisis on Infinite Earths n’a plus de secret pour vous. Et si cet évènement fut si important chez DC Comics, ce le fut aussi pour le cas plus précis des publications de Batman, apportant leur lot de modernité par la même occasion.


Batman dans les années 60, 70 et 80 : une popularité en dents de scie

Batman, incarné par Adam West, et Robin, incarné par Burt Ward, dans le film de 1966
Batman (Adam West) et Robin (Burt Ward), le «dynamic duo» des années 60.

Alors que Batman connut des débuts fulgurants, sa popularité avait commencé à baisser dans les années 1950. Celle-ci avait tellement baissé qu’un changement créatif s’opéra avec l’arrivée de l’éditeur Julius Schwartz à la tête des titres de Batman. Pendant quelques années, et s’adaptant au ton de ceux-ci, les comics Batman surferont alors sur le succès de la série et du film Batman, mettant en vedette Adam West dans le rôle d’un Chevalier noir mêlant humour et davantage de légèreté.

Une fois la popularité du film de 1966 estompée, les comics retomberont dans leurs travers, n’arrivant pas à renouer avec le succès malgré plusieurs changements, dont un changement de ton, et des auteurs réguliers sur les titres, Dennis O’Neill en tête.

Même si la popularité revient légèrement au début des années 1980, les comics de Batman se retrouveront mêlés au premier événement majeur de DC Comics, Crisis on Infinite Earths. Celui-ci crée le premier reboot de l’histoire dans un univers partagé de comics, avec pour conséquence de créer une nouvelle Terre-1. Les aventures de Batman continuent ainsi dans cet univers remodelé, et cela devient l’occasion pour moderniser le personnage.


Avez-vous lu nos récentes chroniques ?

=> Lire AGENT DOUBLE: Hugo Weaving <=

Le Batman moderne et les début des crossovers

Batman: Year One, Part One

Nous sommes fin 1986 et Crisis on Infinite Earths sonne le glas d’une nouvelle ère pour DC. Ce tout premier reboot de l’histoire de DC Comics mènera à un relaunch (ou relance éditoriale) massif. Plusieurs titres seront ainsi relancés avec de nouveaux numéros 1 (comme la Justice League et Superman par exemple), mais ce n’est pas le cas du Chevalier noir, qui reste un des seuls à conserver ses deux séries initiales.

Ces deux séries initiales, ce sont celles qui existent depuis les années 1930 et sont ainsi publiées depuis presque 50 ans au moment de Crisis on Infinite Earths. Après la fin de World’s Finest et The Brave and the Bold, on ne compte donc plus que ces deux séries solo initiales après l’évènement : Batman et Detective Comics, toutes deux des séries mensuelles. Celle-ci changeront toutefois entièrement d’équipes créatives.

Du côté de Detective Comics, c’est l’auteur Mike W. Barr qui reprend le comics pendant quelques mois jusque début 1987. L’auteur qui avait déjà écrit sur le titre dans le passé ainsi que sur Batman, World’s Finest et The Brave and the Bold, et qu’on connait aussi aujourd’hui comme l’un des auteurs régulier des séries Star Trek, est au départ accompagné par Alan Davis, un artiste qui a popularisé Captain Britain en compagnie d’Alan Moore chez Marvel et qui se fera aussi connaitre par la suite pour ses dessins sur Uncanny X-Men et Excalibur. Après le départ de Davis début 1987, c’est une autre pointure, Todd McFarlane qui fera équipe avec Barr pour ses derniers numéros pour ce court passage chez DC avant d’aller connaitre le succès sur le personnage Marvel de Spider-Man puis de voler de ses propres ailes en fondant Image Comics et en créant, entre autres, le personnage de Spawn.

L’année 1987 mettra ensuite véritablement en place la modernisation de Batman. Sur Detective Comics toujours, Mike W. Barr laissera sa place à l’auteur britannique Alan Grant, l’un des auteurs prolifiques de Judge Dredd dans le magazine 2000 AD et qu’on retrouvera par la suite sur d’autres titres de Batman. Au dessin, Todd McFarlane laisse quant à lui sa place à Norm Breyfogle, qu’on retrouvera lui aussi par plusieurs fois sur les titres de Batman par après. L’association d’Alan Grant et Norm Breyfogle sur Detective Comics durera quatre ans.

Detective Comics ne sera cependant plus considéré comme le titre principal et suivra la tendance établie par Batman. Cette tendance, on la doit à l’arc narratif devenu culte et l’un des plus vendus à l’époque, celui écrit par Frank Miller. Miller, qui venait d’écrire la mini-série culte de Batman située dans un univers alternatif, The Dark Knight Returns, écrit alors pour quelques numéros sur le titre Batman, après s’être fait également connaitre pour son run sur Daredevil chez Marvel et de créer par la suite ses propres séries indépendantes, dont Sin City. Miller fait équipe avec David Mazzucchelli au dessin, qui était déjà son comparse sur Daredevil. Après un arc narratif culte par Frank Miller et David Mazzucchelli, c’est l’auteur Max Allan Collins (Road to Perdition et d’innombrables romans polar) et l’artiste Jim Aparo qui reprennent le titre. Ce dernier, qu’on avait déjà vu dans le passé sur Detective Comics et The Brave and the Bold, fera ensuite équipe à peine quelques numéros plus tard avec l’auteur Jim Starlin, qu’on connaitra chez Marvel comme le créateur de personnages tels que Thanos, Gamora, Drax ou Shang-Chi. L’association entre Starlin et Aparo durera près de deux ans.

Le temps passe et le succès du nouveau ton des comics combiné à la sortie du film Batman de Tim Burton verront les titres de Batman propulsés comme les comics les plus vendus en 1989. Ceci mènera ainsi au lancement d’une troisième série mensuelle du Chevalier noir, empruntant le ton et le concept de Frank Miller, à savoir des histoires revisitant les débuts de Batman, dans l’anthologie Legends of the Dark Knight. L’anthologie verra de grands noms passer sur le titre, parmi lesquels Dennis O’Neill, Grant Morrison, Doug Moensch et Mike W. Barr au scénario, ou encore Klaus Janson, P. Craig Russell, Kevin O’Neill et Tim Sale au dessin.

L’année 1989 sera aussi l’occasion de voir un changement d’équipe créative sur Batman. Déjà auteur sur le titre au début des années 1980 avant d’écrire Crisis on Infinite Earths, Marv Wolfman devient le nouveau scénariste de Batman en lieu et place de Jim Starlin. Wolfman fait alors équipe avec Jim Aparo pendant un peu plus d’un an.

Fin 1990 / début 1991, les deux titres solo de Batman changent d’équipe créative. Le duo composé d’Alan Grant et Norm Breyfogle, qui faisait les beaux jours de Detective Comics depuis quatre ans, continuera à travailler ensemble mais passera sur le titre Batman pour les deux années suivantes, remplaçant ainsi Marv Wolfman et Jim Aparo, malgré que ce dernier reviendra régulièrement pour dessiner le comics dans les années suivantes. Sur Detective Comics, Grant et Breyfogle sont ainsi remplacés par le dessinateur Tom Lyle, qu’on connaitra aussi pour ses dessins sur Spider-Man chez Marvel, et l’auteur Chuck Dixon. Même si Tom Lyle ne restera que quelques numéros avant de voir une succession d’artistes au fil des ans sans régularité, ce sera totalement l’inverse pour Chuck Dixon, qui deviendra l’un des auteurs les plus prolifiques sur le personnage de Batman, écrivant Detective Comics jusqu’en 1999 tout en écrivant d’autres titres connexes devenus cultes tels que Robin, Brids of Prey et Nightwing.

En 1992, un quatrième titre mensuel centré sur Batman vient s’ajouter à Batman, Detective Comics et Legends of the Dark Knight (qui change de nom en Batman: Legends of the Dark Knight), un réel titre solo répondant au nom de Batman: Shadow of the Bat. Cette série va être créée par des auteur et artiste bien connus des titres de Batman, vu qu’il s’agit d’Alan Grant et Norm Breyfogle qui jouent encore une fois aux chaises musicales et quittent Batman pour s’occuper de Shadow of the Bat. Alors que Grant restera quasiment sur toute la durée de vie de la série, jusqu’en 1999, Breyfogle ne dessinera que de manière sporadique, alternant avec divers artistes jusqu’à son dernier numéro sur la série en 1998.

Du côté de la série principale, à la suite des départs de Grant et Breyfogle, Batman hérite d’une nouvelle team créative, avec le retour de Doug Moensch au scénario, six ans après avoir quitté le titre au moment de Crisis on Infinite Earths, et la succession de plusieurs dessinateurs sans régularité à ses côtés. Moensch, aussi connu comme le créateur de Moon Knight et Deathlok chez Marvel, restera cette fois-ci sept ans sur le titre.

Ce n’est qu’en 1995 que la série Batman obtiendra à nouveau un dessinateur régulier, en la personne de Kelley Jones, aussi connu pour sa contribution sur The Sandman. Jones fait ainsi équipe avec Doug Moensch pendant quatre ans. L’année 1995 verra aussi l’ajout d’un cinquième titre centré sur Batman. Afin d’avoir un titre de Batman chaque semaine de l’année aux côtés des mensuels Batman, Detective Comics, Batman: Shadow of the Bat et Batman: Legends of the Dark Knight, DC Comics commencent à publier une deuxième anthologie, The Batman Chronicles, publiée sur une base trimestrielle, et incluant plusieurs histoires dont au moins une de Batman et les autres centrées sur des alliés et ennemis du Chevalier noir.

A l’approche des années 2000, les teams créatives régulières se font de plus en plus rares sur les titres de Batman, qui alternant parfois systématiquement d’auteur et d’artiste en fonction des arcs narratifs. Ainsi, en 1998, avec Doug Moensch et Kelley Jones qui quittent le titre Batman et laissent place à cette alternance de créateurs, il n’y a au final plus que deux auteurs réguliers sur l’ensemble des cinq titres, à savoir Chuck Dixon sur Detective Comics et Alan Grant sur Shadow of the Bat. Tous deux quitteront ces titres en 1999, pour ce qui s’annonce définitivement comme une nouvelle ère qui commence.

Enfin, il est à noter que cette période entre 1987 et 1999 est aussi l’occasion de voir toute une flopée de mini-séries sur le Chevalier noir. Après le succès de The Dark Knight Returns de Frank Miller en 1986, on retrouvera d’autres mini-séries marquantes de Batman, quant à elles situées dans l’univers DC habituel, parmi lesquelles Batman: The Cult par Jim Starlin et Bernie Wrightson ; Superman and Batman: World’s Finest, une mini-série par Dave Gibbons et Steve Rude voyant Batman et Superman échanger leurs villes respectives pour mettre fin aux machinations de Lex Luthor et du Joker ; ou encore le cultissime Batman: The Long Halloween par Jeph Loeb et Tim Sale.

D’autres histoires de Batman sous forme de one-shots ou romans graphiques auront également leur lot de succès durant cette époque, parmi lesquels nous pouvons citer le Batman: The Killing Joke de Alan Moore et Brian Bolland, Batman: Arkham Asylum de Grant Morrison et Dave McKean, ou encore toute une série d’histoires situées sur des terres alternatives (“Elseworld”) comme Gotham by Gaslight, Batman: Son of the Demon et Batman: In Darkest Knight.


Arcs narratifs majeurs et débuts de personnages

Batman: Knightfall

C’est durant cette période entre 1987 et 1999 que le Batman moderne, le héros sombre aux histoires tout aussi sombres, a réellement été façonné. Tout démarra avec le run devenu iconique de Frank Miller et David Mazzucchelli, “Year One“, qui revisite les premières années du personnage et les raisons pour lesquelles il est devenu Batman. Cette histoire a eu tellement de succès que d’autres arcs narratifs se sont également situés durant les premières années du Chevalier noir, comme “Year Two” dans les pages de Detective Comics et la mini-série Batman: The Long Halloween. C’est également dans ce cadre qu’est née l’anthologie Legends of the Dark Knight, qui présentaient uniquement des histoires situées à cette époque.

Pour le reste, les séries principales que furent Batman, Detective Comics et puis Batman: Shadow of the Bat, continuaient dans le temps présent, et les crossovers entre ces titres se faisaient de plus en plus fréquents. Cela donna ainsi naissance à plusieurs arcs narratifs marquants de Batman qui se déroulaient à travers les trois titres, et parfois même Legends of the Dark Knight et The Batman Chronicles. On peut ainsi citer l’arc “Knightfall“, ce fameux arc dans lequel Batman se fait briser le dos par le super-vilain Bane ; “Contagion“, qui voit Gotham infestée par le virus Ebola et force les différents héros de la ville à faire équipe, une histoire qui fut suivie de l’arc “Batman: Legacy” ; ou encore “Cataclysm“, qui voit la ville de Gotham frappée par un tremblement de terre et la coupe du monde, donnant naissance à l’arc narratif suivant, non moins culte, “No Man’s Land“, qui débutera fin 1999.

En-dehors des crossovers, cette époque 1987-1999 a aussi eu son lot d’histoires devenues cultes. Legends of the Dark Knight commençait fort avec les arcs narratifs “Batman: Shaman” de Dennis O’Neill puis “Batman: Gothic” par Grant Morrison. Batman a pour la première fois cessé d’être Bruce Wayne le temps de quelques numéros, et ce à deux reprises : Bruce Wayne, le dos brisé dans “Knightfall”, demande à Jean-Paul Valley, un nouveau personnage de cette période qui deviendra Azrael, de protéger la ville en tant que Batman ; et après l’arc “Knightfall”, l’arc “Prodigal” voit Bruce Wayne demander à son véritable héritier, Dick Grayson, de devenir Batman. Mais l’une des histoires le plus marquantes dans les pages de Batman restera “A Death in the Family“, qui avait vu la mort ultra-violente du deuxième Robin, Jason Todd, aux mains du Joker, qui lui fracassait le crâne â l’aide d’un pied de biche.

Si Jason Todd est réintroduit dans cette nouvelle terre après Crisis on Infinite Earths et devient Robin peu de temps après (jusqu’à son destin funeste encore moins de temps après), cette période permit l’introduction d’autres alliés de Batman, dont surtout Tim Drake, le troisième Robin, dans les pages de Batman, et Stephanie Brown dans les pages de Detective Comics.

Bien que beaucoup de vilains cultes avaient déjà été créés dans le passé, d’autres vilains un peu plus secondaires feront aussi leurs premières apparitions comme le Ventriloquist, Ratcatcher, l’Electrocutioner, KGBeast et, le plus connu d’entre eux, Victor Zsasz.


L’ordre de lecture de Batman du début de l’Âge moderne

Retrouvez ci-dessous l’ordre de lecture pour les titres en VF de Batman qui étaient publiés en version originale entre 1987 et 1999 :


Et après ?

Batman sautera d’évènement majeur en évènement majeur, repoussant les limites de plus en pus loin au fil des histoires, pour une ère qui fut certainement particulière. Après tout, ce n’est pas tous les jours que… SPOILER !

Rendez-vous dans deux semaines pour un quatrième numéro qui sera intitulée “Batman dans les années 2000 et l’ère Morrison“, qui couvrira les années 2000 à 2011. A vos agendas !


Retrouvez également les publications de Batman dans notre ordre de lecture complet du personnage.

Si vous appréciez notre contenu original, vous aimerez peut-être enos autres créations originales, parmi lesquelles vous retrouverez notre autre série d’articles Les Armures d’Iron Man dans le MCU, ainsi que les chroniques Power Girls, Comics Out, The Dark Side et Agent Double.

Publicités