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COMICS OUT: DC Bombshells

Comics and pride

Comics Out est de retour ! Quoi de plus normal en plein Pride Month me direz-vous ! Chez L’Univers des Comics, c’est Pride Month toute l’année avec Comics Out, et nous voulions vous le prouver une fois de plus avec un des comics qui comporte le plus de personnages LGBTQ+ au centimètre carré : DC Bombshells. Mais saviez-vous que le comics a des origines bien particulières ?


Qu’est-ce que DC Bombshells ?


A l’origine, la marque DC Comics Bomshells fait référence à une ligne de figurines créées par DC Entertainment et la dessinatrice Ant Lucia, dépeignant des super-héroïnes de DC Comics dans un style rétro des années 1940. Cette collection qui naquit avec une première figurine en 2013 fut un énorme succès commercial, au point de s’étendre à d’autres produits de merchandising comme des mugs, t-shirts, etc. et de compter pas moins de 40 figurines différentes.

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Bien sûr, qui dit super-héroïnes DC à succès, dit aussi leur propre histoire dans une série de comics. Le succès de la franchise permit en effet à DC de produire une série de comics DC Comics Bombshells dès 2015 et, là aussi, le succès critique et commercial fut au rendez-vous. Publiée à la fois digitalement et sur papier avec des numéros triples, DC Comics Bombshells aura duré près de deux ans, avec un total de 33 numéros papier (100 chapitres digitaux). La série fut en parallèle rééditée en 6 tomes brochés entre 2016 et 2018, puis en 2 tomes reliés dits “Deluxe” en 2018 et 2019 qui ne rééditaient que les 2 premiers tomes.

Aujourd’hui, c’est particulièrement le comics qui nous intéresse. Celui-ci fut écrit par l’autrice Marguerite Bennett. L’autrice de 29 ans à l’époque se voyait alors offrir sa première série de comics complète chez DC, ce qui l’amena par la suite à écrire la série Batwoman ou encore la série d’Archie Comics Josie and the Pussycats. Bennett s’est aussi fait un nom en travaillant sur le personnage de Marvel Angela (déjà abordée dans son propre numéro de Comics Out !). Côté artistes, Bombshells a vu plusieurs dessinatrices participer au projet, telles que Mirka Andolfo (Wonder Woman, Sweet Paprika), Laura Braga (Harley Quinn, DCeased: A Good Day to Die) et Marguerite Sauvage (Scarlet Witch, Faith).

Bombshells recrée toute la backstory des figurines, mettant en scène des versions de Wonder Woman, Mera, Batwoman, Supergirl et Power Girl à l’époque des années 1940, voyant ainsi leurs origines adaptées à l’époque et au monde imaginé et les héroïnes se réunir dans une équipe exclusivement féminine, les Bombshells.

Le comics Bombshells a eu droit à son lot de succès, au point d’avoir une suite directe, Bomshells United (également par Marguerite Bennett) et d’être nominée pour un GLAAD Media Award en 2017, remporté cette année-là par The Woods de James Tynion IV.


DC Bombshells : l’histoire de Batwoman revisitée et bien d’autres


Si DC Bombshells a été nominé pour un GLAAD Media Award, qui récompense les meilleures représentations LGBTQ+ à travers différents média, c’est évidemment parce que le comics inclut une histoire LGBTQ+. Si celle-ci n’est pas sur un personnage inconnu des fans de comics, le fait qu’il s’agit d’une réalité alternative rend l’histoire totalement originale.

Parmi le casting de Bombshells, on retrouve en effet Kate Kane, batteuse dans l’équipe de baseball féminine des Gotham Knights. La jeune femme utilise aussi sa batte de baseball pour éliminer les criminels de Gotham City en l’absence de la plupart des hommes envoyés au front. Elle défend ainsi la veuve et l’orphelin en tant Batwoman.

Kate Kane est notamment protégée par la police et non considérée comme une criminelle car elle est en couple avec Maggie Sawyer, une inspectrice de la police de Gotham City. Les deux femmes vivent le grand amour et partagent tout, de la confidence au lit conjugal. Maggie soutient Kate dans ses activités de justicière mais le couple se retrouvera face à un véritable défi dans leur relation lorsque le Commandant Amanda Waller vient recruter Kate pour faire partie du programme Bombshells et être envoyée en Allemagne nazie.

L’histoire se complique davantage pour Kate Kane lorsque celle-ci retombe sur Renee Montoya, une ex-petite amie espagnole. On apprend alors que les deux jeunes femmes avaient été en couple quelques années plus tôt lorsque Kate étudiait en Espagne. Kate et Renee, c’était du sérieux : les deux femmes ont vécu un véritable coup de foudre et ont combattu côte à côte dans la Guerre civile espagnole ; elles ont même été jusqu’à adopter un jeune orphelin, Jason. Cependant, Jason s’est fait assassiner et le couple n’a pas survécu à une telle tragédie, voyant Kate retourner aux Etats-Unis.

Ce triangle amoureux – qui n’est pas sans rappeler celui de l’univers principal de DC Comics entre Batwoman, Maggie Sawyer et The Question – n’est en réalité pas la seule histoire LGBTQ+ abordée dans DC Bombshells. Cette réalité alternative explore aussi la relation entre Harley Quinn et Poison Ivy, peu de temps après que Harley se soit libérée de l’emprise du Joker ; l’amour de jeunesse de Wonder Woman avec Mera, évoquant ainsi la bisexualité de la princesse amazone ; ou encore des relations créées pour l’histoire, telles que celle entre les scientifiques Doctor Light et Big Barda, entre Supergirl et Lois Lane ou entre la chercheuse Hawkgirl et la Reine du Zambesi Vixen.


DC Bombshells est-elle une bonne représentation de la communauté LGBTQ+ ?


Vous l’aurez compris, DC Bombshells ne manque certainement pas de personnages et de relations LGBTQ+ – c’est une certitude – mais cela veut-il dire pour autant qu’il s’agit d’une représentation qualitative ?

La critique sur le monde de DC Bombshells fut assez mitigée mais s’il y a bien un aspect sur lequel la critique est unanime, c’est sur la diversité dont l’histoire fait preuve. Avec un casting quasi-exclusivement féminin, Bombshells arrive à dépeindre un monde cohérent où les femmes prennent le devant de la scène en l’absence des hommes envoyés au front. Bien plus que faire leur job pendant leur absence, les femmes s’émancipent dans cette réalité alternative de DC, profitant de l’aubaine pour trouver leur véritable identité.

Le comics, au-delà de son ton féministe inhérent et de la quantité de personnages féminins présents, avait aussi vocation à dépeindre les femmes dans la diversité qu’on connait dans la réalité. Les femmes de DC Bombshells représentent ainsi diverses ethnicités mais aussi diverses orientations sexuelles. Pour s’exprimer sur ce dernier sujet, Bombshells compte donc pléthore de représentations LGBTQ+ et celles-ci peuvent clairement être réparties en deux groupes, avec des résultats bien distincts.

D’un côté – que certains critiqueront peut-être – plusieurs relations explorées dans le comics sont des relations qui n’existent pas dans la timeline principale de DC Comics. C’est notamment le cas précité des couples Doctor Light/Big Barda, Vixen/Hawkgirl ou encore Supergirl/Lois Lane. Si certaines critiques peuvent émerger sur une pseudo-nécessité de créer des relations homosexuelles de toute pièce pour l’histoire – ce qui est discutable – il ne faut pas oublier que la base du comics est l’absence d’hommes dans l’histoire. Certes, cela ne veut pas dire que chaque femme est alors lesbienne – et ce n’est pas le cas – mais une plus grande proportion se découvre peut-être homosexuelle ou bisexuelle. Ceci est certainement quelque chose de cohérent, comme déjà abordé dans le numéro sur World of Wakanda : les femmes ne côtoient plus d’homme, sont dans un monde où il est devenu normal que les femmes soient des figures fortes et remplacent les hommes en tout point ; dès lors, les femmes se retrouvent inévitablement confrontées à des situations – potentiellement amoureuses – qu’elles ne connaitraient peut-être jamais en présence d’hommes.

D’autre part, DC Bombshells peut aussi de manière inéquivoque être considérée comme une bonne représentation LGBTQ+ pour ses relations mises en avant à travers des personnages déjà LGBTQ+ dans la continuité principale de DC. L’exploration plus en profondeur ou sous un autre angle des relations de Batwoman, Renee Montoya, Harley Quinn, Poison Ivy ou Wonder Woman ne peut être que bénéfique pour les personnages. Pour beaucoup d’entre eux, ces personnages n’ont été considérés comme des figures LGBTQ+ que bien des années après leur création, que ce soit en changeant le personnage ou en le reconnaissant haut et fort avec l’évolution des moeurs. Ainsi, avoir la possibilité de reconnaitre ces personnages pour ce qu’ils sont dès le début de leur histoire est quelque chose d’assez satisfaisant pour les fans des personnages.

Ces histoires avec un vent de fraicheur permettent aussi d’aborder certains sujets LGBTQ+ qui vont au-delà de la simple relation lesbienne. DC Bombshells aborde la sortie d’une relation toxique, le concept de “bicuriosité” ou encore le sujet très sensible de l’adoption pour un couple homosexuel. Ce sont tous ces aspects qui, dans leur ensemble, font de DC Bombshells davantage une bonne représentation LGBTQ+ et ce, malgré les controverses possibles. Au final, DC Bombshells est l’histoire de l’affirmation de l’identité, d’assumer qui on est et d’explorer l’inconnu : qui serions-nous pour dénigrer ces concepts ?


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