Les rééditions d’Urban Comics pour les fêtes


Si certains sont en manque d’inspiration quant aux petits paquets à déposer au pied du sapin, sachez qu’Urban Comics remplit pour vous la hotte du Père Noël en rééditant tout spécialement trois titres, et non des moindres dans une version de luxe : Batman: Last Knight on Earth (Scott Snyder/Greg Capullo), Doomsday Clock (Geoff Johns/Gary Frank), et Curse of the White Knight (Sean Murphy).


Batman : Last Knight on Earth tout d’abord, initialement publié, aux Etats-Unis, sur le Black Label de DC entre 2019 et 2020, puis chez Urban Comics en France, est le dernier récit du scénariste Scott Snyder et du dessinateur Greg Capullo sur le personnage. En effet, au commande de la série Batman depuis 2011 (avec l’arc « The Black Mirror » sur Detective Comics et la mini-série Batman: Gates of Gotham), le duo Snyder / Capullo met donc un terme à sa saga en impliquant le Chevalier Noir dans une ultime croisade.

Ce personnage emblématique que les deux compères ont plusieurs fois révolutionné au cours de la dernière décennie, notamment en réinventant ses origines et en le fusionnant avec le Joker pour créer le très inquiétant Batman Qui Rit, se lance ici sur une mystérieuse piste qui le mène jusqu’à Crime Alley, la rue où ses parents sont justement décédés, et où il se retrouve devant le corps d’un petit garçon inanimé. Bruce Wayne se réveille ensuite attaché à un lit et vêtu d’une camisole de force dans une chambre de l’Asile d’Arkham. Là, le fidèle Alfred lui apprend qu’il est un patient de longue date de l’Institut et que le personnage de Batman ainsi que ses ennemis ne sont que le produit de son esprit malade et délirant.

Plus tard, à force de vouloir discerner le vrai du faux, l’Homme Chauve-Souris comprend qu’il n’est en réalité qu’un clone du vrai Bruce Wayne et que la planète n’est plus qu’une terre désolée qu’il va devoir traverséer peuplée de visages familiers, traumatisés par une apocalypse dont il ignore les origines, et qui a laissé place au règne d’un certain Omega, derrière lequel se cache fort probablement Lex Luthor.

Piochant leur influence chez Jeff Lemire, Grant Morrison, Mark Millar, Mad Max ou bien encore de l’Enfer de Dante (oui, oui !!), Scott Snyder et Greg Capullo nous livrent un récit final aussi séduisant que captivant. L’ambiance, à la fois noire et oppressante, conjuguée au style plutôt efficace du scénariste américain qui, malgré une narration parfois décousue et perdue dans les innombrables fausses pistes que doit suivre Batman, réussit toutefois le tour de force de nous emporter. Il faut dire que les dessins de maître Capullo, souvent très inspiré, réinvente l’univers DC avec certaines visions de l’enfer sublimes et majestueuses.

Cet ultime run du tandem de créateurs américains fera donc le bonheur des novices comme des amateurs de l’Homme Chauve-Souris.

Batman Last Knight on Earth, 176 pages : 49 euros


Doomsday Clock ensuite, plusieurs fois reportée pour cause de pandémie mondiale, la maxi-série signée Geoff Johns et Gary Frank qui se veut être la suite du Watchmen d’Alan Moore et de Dave Gibbons, clôture donc l’intrigue débutée en 2016 par Geoff Johns lui-même dans DC Universe Rebirth.

Il y a trente ans, en 1985, sur une autre Terre où le cours de l’Histoire a évolué de manière bien différente, afin de sauver son monde d’une apocalypse imminente, un justicier milliardaire nommé Ozymandias élabore une effroyable machination laquelle unit tous les peuples contre une menace extraterrestre en réalité fictive. Quelques années plus tard, les plans du complot fomenté par le justicier ayant été découverts, ce dernier est obligé de prendre la fuite face à la colère de ses concitoyens. Pour éviter que le monde tombe de nouveau dans le chaos, Ozymandias part à la recherche du seul être capable de restaurer la paix et l’équilibre sur la planète : le Dr. Manhattan. Oui mais voilà, le fameux Dr. Manhattan, surhomme omnipotent, a quitté sa dimension pour partir visiter celle de la Justice League et ainsi interférer avec le cours des événements, manipulant à leur insu les héros de cet univers. Heureusement, pour Ozymandias, ce défi n’est qu’un obstacle de plus dans sa quête d’une paix éternelle pour son monde et ses habitants : résolu, il décide de franchir la barrière entre les dimensions quitte à y affronter ces méta humains.

Doomsday Clock rassemble donc en un seul album la saga qui lève le voile sur le mystère de DC Universe Rebirth et sur les modifications apportées par le Docteur Manhattan à l’histoire de ses héros. Ainsi, avec cette maxi-série, Geoff Johns et son compère de toujours Gary Frank remettent au sens littéral du terme, les pendules à l’heure, et donne une brillante leçon sur la chronologie DC, en mettant au centre de cet univers, le premier et le plus important membre de la société super-héroïque.

Cependant, n’est pas Alan Moore qui veut, et la comparaison entre les deux œuvres devient rapidement inévitable. Malgré tous ses efforts pour coller à l’écriture de Moore, il est bien difficile pour Johns de passer derrière des génies du scénario tel que son illustre prédécesseur, d’autant plus quand les personnages ont déjà été exploités dans leur intégralité. Mais ce serait toutefois mesquin de notre part que de blâmer le dernier auteur quand la narration, et surtout les dialogues, tiennent finalement la route.

Doomsday Clock, 448 pages : 69 euros


Enfin, Curse of the White Knight, la suite très attendue de Batman : White Knight, toujours signé par l’excellent Sean Murphy est également prévue parmi les rééditions de luxe d’Urban Comics.

Dans cet opus, le fléau Jack Napier (le Joker dans la version Elseworld made in Murphy), est de nouveau derrière les barreaux, mais la sérénité est loin d’être de retour à Gotham, et encore moins au Manoir Wayne, où Bruce peine à retrouver l’équilibre et la sérénité. Son pire ennemi n’a pas seulement ébranlé ses convictions et sa raison d’être, il a également durablement saccagé l’image de Batman et sa légitimité aux yeux des habitants de sa ville. La disparition d’Alfred n’est pas sans séquelle non plus, bien qu’elle laisse derrière lui un héritage inattendu : le journal d’Edmond Wayne, daté de 1685, premier de sa lignée à s’être installé à Gotham et adversaire d’un certain Lafayette Arkham, dont les ossements ont récemment été découverts dans la cellule du Joker.

Dans ce second volet, l’auteur américain délaisse quelque peu le discours politique pour explorer la généalogie des Wayne, et surtout le mythe entourant la famille. En effet, il semble que Murphy ait à cœur de démontrer les liens historiques unissant la famille Wayne à la ville de Gotham City. Pour cela, il s’appuie sur une malédiction remontant jusqu’à 1666, année de la fondation de Gotham Village, alors située dans l’Amérique profonde. C’est d’ailleurs en étudiant la mythologie de Gotham, d’abord dans White Knight, puis ensuite dans Curse of the White Knight, que l’auteur établit les bases historiques des rapports entre la famille Wayne et la ville d’une part puis, d’autre part, nous amène à nous interroger sur la réelle importance, voire légitimité de l’Homme Chauve-Souris en tant que protecteur de la ville.

Au-delà du scénario à proprement parler, le graphisme se trouve être l’autre point fort de Curse of the White Knight. De fait, assisté par l’excellent coloriste Matt Hollingsworth, Sean Murphy nous offre un dessin et une composition extrêmement soignés. On notera en particulier l’attention portée à l’architecture, aux vêtements et, de façon générale, à la retranscription de l’Amérique du XVIIe siècle. On sent à la lecture que les deux compères ont éprouvé une grande liberté de création qui n’en est que plus jubilatoire pour nos yeux.

Sean Murphy nous livre donc à n’en pas douter un second opus véritablement abouti et prenant. Une belle réussite qui charmera très certainement même les plus rétifs d’entre nous.

Curse of White Knight, 288 pages : 59 euros


Rendez-vous donc le 27 novembre pour découvrir les trois tirages de luxe, Curse of White Knight, Doomsday Clock, Batman Last Knight on Earth, que nous offre pour Noël Urban Comics dans sa nouvelle collection Urban Limited. Ainsi, François Hercouët, le directeur éditorial a récemment expliqué que l’idée initiale était :

« d’inscrire un peu plus le comics dans le paysage de la BD franco-belge en proposant des éditions « tirage de tête », proche des éditions bibliophiles de Dargaud, par exemple. »

Les trois titres bénéficieront chacun d’un tirage unique et numéroté de 1 à 1500 exemplaires 36 x 24cm, ex-libris encarté, dos toilé, marquage à chaud, signet, sous film individuel. En revanche, il n’y aura pas de bonus supplémentaires par rapport aux éditions courantes pour ne pas léser inutilement les personnes qui ne pourraient pas se payer les éditions de luxe. Un beau geste donc !


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