L'Univers des Comics

Tout sur les adaptations de comics au cinéma et à la télévision !

5 acteurs qui ont incarné Batman à l’écran

Une revue des différents acteurs ayant joué le Chevalier Noir au cinéma !

Pour un personnage créé il y a 80 ans, Batman a eu son lot d’adaptation diverses et variées : des séries animées, des séries en live action, des séries audio, des jeux de société, des jeux vidéos et des longs métrages en live action. Il est un héros qui inspire générations après générations, nous offrant des histoires souvent très ancrées dans le monde contemporain et ses problématiques. Combattant hors pair, plus grand détective au monde, membre fondateur de la Justice League, nous nous identifions au personnage de Batman car il est de tous le plus réaliste : un homme sans pouvoirs qui a choisi de s’élever contre la corruption du monde. Nous avons tous notre vision du personnage, et c’est notamment le sujet de notre Focus aujourd’hui. Nous allons nous concentrer sur l’interprétation du personnage par les différents acteurs qui ont incarné Batman au cinéma !


Michael Keaton (1989- 1992)

Dans le Batman de Tim Burton sorti en 1989, le rôle principal de Bruce Wayne/Batman revient à Michael Keaton, jeune acteur trentenaire révélé un an avant avec le film Beetlejuice où il tient le rôle titre. Burton pensait dès le début à Keaton pour jouer le Chevalier Noir, mais la Warner à insisté pour avoir d’autres acteurs en casting (entre autres Mel Gibson, Tom Cruise, Harrison Ford, Robert Downey Jr., etc…). Finalement, le réalisateur parviendra à imposer Keaton au studio, leur assurant que c’était la meilleure option.

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Il partage l’affiche avec de grands noms du cinéma comme Kim Basinger (Basic Instinct, L.A Confidential…) qui interprète la journaliste Vicky Vale, Jack Nicholson (Easy Rider, One Flew Over the Cuckoo’s Nest, Shining) qui campe un Jack Napier devenant un Joker iconique et transcende le personnage, et Billy Dee Williams (Star Wars) qui joue le procureur Harvey Dent.

Dans ce film, on a le droit à une brève origin story du personnage, où l’on voit qu’à la suite du meurtre de ses parents à Crime Alley, Bruce Wayne jura de tout faire pour combattre le crime dans la ville de Gotham City. Grandissant en entrainant son corps et son esprit pour devenir un rempart contre la criminalité, Wayne eut l’idée de devenir un symbole, quelque chose provoquant l’effroi chez les criminels, quelque chose de primaire, d’instinctif : une chauve-souris. Le film démarre quelques temps après les débuts de Batman à Gotham, lorsque le justicier n’est encore qu’une rumeur. Le Chevalier Noir va alors être confronté à Jack Napier, un gangster plein d’ambition responsable du meurtre de ses parents, qui va devenir suite à un accident son némésis, le Joker !

Tim Burton, réalisateur fantasque qui a déjà accouché de merveilles comme Edward Cissorhands, est connu pour donner vie à des univers délirants. Choisi par la Warner pour réaliser une première adaptation de Batman au cinéma, son choix s’arrêta naturellement sur Keaton pour le rôle titre, le réalisateur ayant travaillé avec lui sur Beetlejuice un an avant. L’ambiance du film est sombre et inquiétante, dépeignant une ville en proie à la terreur, prête à craquer. Burton n’était pas un grand fan de comics, mais il appréciait le ton sérieux que les comics The Dark Knight Returns et The Killing Joke avaient apporté à l’univers du comics. Un ton qu’il chercha a retranscrire dans son film.

C’est pourquoi, dirigée par Burton, la prestation de Keaton en Batman est elle aussi très sombre. L’acteur offre le portrait d’un Bruce Wayne sophistiqué et humble, qui se met rarement en avant. Quant à Batman, Keaton crée un justicier sombre, silencieux, implacable, mais aussi en proie au doute, toujours hanté par la mort de ses parents. Malheureusement, bien que sa prestation fût d’une grande justesse, jouant un milliardaire philanthrope et un justicier implacable, elle fût occultée par la prestation de Jack Nicholson en Joker, qui lui vola la vedette du film.

Keaton reviendra dans une suite, Batman Returns, qui connaitra elle aussi le succès, portée par un Michael Keaton en grande forme, une Michelle Pfieffer convaincante en Selina Kyle, et un Danny De Vito magistral en ennemi de Batman : Oswald Cobblepot/Penguin. Dans cette suite, Keaton est bien plus en lumière qu’avant, s’étant approprié le personnage du Chevalier Noir de Gotham.

Michael Keaton fut donc le premier acteur à porter le rôle de Batman sur grand écran. Un défi compliqué car mis à part la fameuse série des années 60 nanardesque, et les dessins animés, l’acteur avait assez peu d’élément d’inspiration pour le personnage, hormis les matériaux de base que sont les comics. Sa prestation en est d’autant plus pertinente, en sachant que le Batman de Tim Burton a servi d’inspiration pour la série Batman : The Animated Series.


Val Kilmer (1995)

Batman sort en 1989, Batman Returns sort en 1992, et il est ensuite suivi par Batman Forever en 1995. C’est le troisième opus de la Saga Batman de la Warner, et ce n’est donc pas un reboot. D’ailleurs, bien qu’il ait laissé la réalisation à Joel Schumacher, Tim Burton est producteur sur le film.

Les changements sur ce film, par rapport aux opus précédents, sont nombreux : tout d’abord, Michael Keaton est remplacé par Val Kilmer, acteur américain connu pour ses rôles dans Top Gun, Willow et Tombstone. La réalisation n’est pas la même, ce que explique que l’ambiance du film est beaucoup moins sombre que les deux précédents, et les running gags sont légion.

Ce troisième film marque la première apparition dans un film de plusieurs personnages : Double-Face, L’Homme-Mystère et Robin. Bien loin du design original des deux premiers opus de Tim Burton, Joel Schumacher propose ici un univers moderne, urbain et coloré aux accents punk. On est donc loin du style de Burton, avec une ville aux couleurs froides, aux accents tentaculaires et à l’architecture gothique. De même, au niveau du casting, malgré la qualité des acteurs, la sauce ne prend pas : un Double-Face hilare à chaque seconde, un Homme Mystère qui ressemble plus au Joker (Carrey aurait été parfait dans ce personnage soit dit en passant), et un Robin fougueux mais sans substance.

En ce qui concerne Val Kilmer, sa prestation n’est pas restée dans les mémoires : le Chevalier Noir n’a rien de sombre ou d’effrayant, la voix douce de Kilmer rend le caractère implacable du personnage difficile à voir. Alors que la mise en scène du héros devrait être impressionnante (Batman se base beaucoup sur la mise en scène pour intimider ses ennemis), on peine ici a avoir des scènes iconiques, dignes du comics.

En somme, le film essaya de plaire à une audience plus jeune, pariant sur un rythme beaucoup plus soutenu, de nombreuses scènes d’action et un humour forcé sur des acteurs décalés dans leur rôle d’antagoniste. Val Kilmer, bien qu’il ne soit pas un mauvais acteur, est malheureusement passé à côté de son rôle, nous offrant un Batman lisse et fade. Preuve en est sur Rotten Tomatoes où le film obtient seulement 38% d’opinions favorables, contrairement aux 70% des deux premiers opus. Le Batman de Kilmer fut ainsi bien vite oublié, malheureusement.


George Clooney (1997)

Faisant suite à Batman Forever, Batman and Robin sort en 1997. C’est le 4ème opus de la saga Batman de la Warner, initiée par le Batman de Tim Burton en 1989.

Réalisé par Joel Schumacher à nouveau, il subit néanmoins des changements de casting importants : George Clooney remplace Val Kilmer, qui devait à l’origine reprendre le rôle. Mais suite à une violente dispute sur le tournage de Batman Forever, Kilmer préféra incarner Simon Templar dans l’adaptation cinématographique du roman de Leslie Charteris, The Saint. Clooney fut donc engagé pour le remplacer, malgré le fait que l’acteur tournait en même temps la série ER (Urgences). Pour le reste du casting, Demi Moore fut envisagée pour le rôle de Pamela Isley/Poison Ivy, qui reviendra finalement à Uma Thurman. Pour le rôle de Victor Fries/Mr. Freeze, Patrick Stewart fut dans un premier temps envisagé, avant que ce ne soit Arnold Schwarzenegger qui soit choisi. Seul Chris O’Donnell et Michael Gough son issus du casting du précédent opus, reprenant respectivement leurs rôles de Dick Grayson/Robin et Alfred Pennyworth.

Schumacher a voulu rendre hommage au style de la série télévisée célèbre Batman de 1966. Malheureusement, cette intention à influencé plutôt négativement le projet, et la direction prise sur ce projet a énormément déçu les fans, car le film ne repose quasiment que sur le second degré et l’action comique. Ce qui, vous le reconnaitrez bien volontiers, ne convient pas au style sombre de Batman. Bien que le film fut rentable, il demeure un énorme échec critique, et fût descendu en flèche à sa sortie par les fans et les critiques. Il n’obtient que 12% de critiques positives sur Rotten Tomatoes, si bien que cet opus est considéré comme un “nanard” aujourd’hui, et le plus mauvais de la saga.

George Clooney s’est d’ailleurs également excusé auprès des fans des années après pour le film, et pour sa prestation. En effet, celle-ci est plate, insipide, sans relief et manque cruellement de profondeur. Le film pourrait se dérouler avec ou sans lui qu’on ne verrait pas la différence honnêtement. De plus, l’humour étant tellement omniprésent dans le film et le surjeu de Schwarzenegger en Mister Freeze prend tellement de place qu’on doute que Clooney aurait pu rendre son Batman iconique. Sans parler des choix de costume (les tétons sur les costumes, vraiment ?) qui ne permettent pas vraiment de prendre le film au sérieux, il est assez flagrant que George Clooney ne soit pas arrivé à rentrer suffisamment dans la psyché du personnage pour se l’approprier. Sa prestation se rapproche de celle de Val Kilmer en demi-teinte, mais Clooney reste le plus mauvais Batman de toute la saga de Warner.

Il est d’ailleurs à noter que c’est à cause de l’échec cuisant de Batman and Robin que la Warner choisit d’annuler la production d’un nouveau film sur Batman, et attendra 8 années avant de relancer la franchise Batman avec la trilogie de Christopher Nolan.


Christian Bale (2005-2012)

C’est finalement en 2003 que la réalisation d’un nouveau film Batman est confiée à Christopher Nolan, jeune réalisateur qui s’était fait connaitre avec le film Memento. David S. Goyer rejoint le projet comme scénariste quelques mois plus tard. L’intention de Nolan pour le film est simple : réinventer la franchise, en implantant plus d’humanité et de réalisme dans l’histoire, en s’affranchissant de la saga précédente. Ce film est un reboot, c’est pourquoi il n’est fait aucune mention des précédents opus.

Avec Batman Begins et les deux suivants venant compléter la trilogie, The Dark Knight (2008) et The Dark Knight Rises (2012), Nolan a réinventé complétement le genre du film du super-héros dans les années 2000. Une trilogie ayant moins d’actions hyper-impressionnantes (comme les films Marvel Studios) certes, mais une histoire passionnante et ancrée dans notre monde, à laquelle on peut tous s’identifier, et avec des scènes iconiques et inoubliables, ainsi que des vraies réflexions sur de nombreux sujets tel que la justice, la vengeance, la famille, l’amour, l’engagement, etc…

Parmi les nombreux acteurs envisagés, ce fut Christian Bale qui hérita de la cape du justicier de Gotham, succédant à Clooney. Connu pour ses rôles dans American Psycho, Equilibrium et The Machinist, Bale fit une intense préparation physique et mentale pour le rôle. A travers la trilogie, il nous offre un portrait de Bruce Wayne encore jamais vu dans un film : le passage de l’enfant à l’adulte, du fils prodigue de Gotham ignorant du monde à un justicier sombre et sans répit. Bale interprète avec brio le rôle d’un homme qui a perdu ce qui comptait pour lui, bien qu’il fut riche. Un homme qui cherche un but à sa vie, finissant par le trouver dans la défense de la justice, abandonnant la vengeance qui le consumait à petit feu.

Dans Batman Begins, Bale nous offre un jeune Bruce Wayne un peu candide, toujours traumatisé par le meurtre de ses parents, et qui cherche à lutter contre la corruption qui s’est emparée de la ville. Dans The Dark Knight, Bale interprète un Bruce Wayne plein d’assurance, bien installé en tant que Batman, mais qui peine à concilier sa vie de milliardaire et de justicier. Et dans The Dark Knight Rises, Bale nous livre un Batman brisé, plein de doutes et de remords, ayant choisi de se retirer. Au fond du gouffre, il choisit de se relever, de dépasser ses limites et sa condition d’homme, afin de devenir le symbole dont Gotham à besoin.

Christian Bale a livré ce qui reste, pour le moment, l’interprétation la plus authentique du Chevalier Noir. Dans un style sobre, sombre et renfermé, très proche de l’attitude du héros dans les comics, il a su nous faire passer l’essence même de ce que représente le personnage de Batman : la capacité de l’homme à se relever, et à dépasser ses limites.


Ben Affleck (2016-2022)

Avec la sortie de Man of Steel en 2013, Warner Bros. souhaite relancer l’univers DC, et enfin se mettre à niveau de Marvel Studios, qui domine le terrain des adaptations cinématographiques de comics depuis la sortie d’Iron Man en 2008. Man of Steel est confié à Zack Snyder, qui avait accouché d’autres adaptations de comics telles que Watchmen et 300. La Warner, voyant le carton du film, se conforte dans leur volonté de créer un DC Extended Universe au cinéma.

Ainsi, en août 2013, Ben Affleck est annoncé comme étant le nouveau Batman du DC Extended Universe, ayant la tâche difficile de prendre la suite de Christian Bale, considéré par beaucoup de fans comme le meilleur Batman jusqu’alors. Cette annonce fit couler beaucoup d’encre, et déclencha de nombreux débats sur la légitimité d’Affleck à incarner un héros aussi charismatique que Batman. En effet, ce n’est pas le premier super-héros que l’acteur incarne, ayant joué le héros aveugle Daredevil dans un standalone éponyme en 2003. Ce film fut un échec critique et public, et est aujourd’hui considéré comme l’une des pires adaptations de comics au cinéma, notamment due à l’interprétation fade d’Affleck.

Cependant, la critique des fans face au casting de Ben Affleck, bien que légitime, n’est qu’une des nombreuses fois où les fans ont changé d’avis par rapport à un casting qu’ils pensaient raté, et qui s’est avéré bon : on peut citer Michael Keaton en Batman, Heath Ledger en Joker, Anne Hathaway en Catwoman, etc…

Une suite est donc prévue à Man of Steel en 2016, intitulée Batman v Superman: Dawn of Justice, devant introduire ce fameux univers cinématographique DC. L’action voit l’entrée en scène de Batman, qui s’oppose à Superman, voyant le Kryptonien comme une menace pour l’humanité. Malgré des critiques mitigées, certains reprochant au film d’être trop simple dans l’histoire, ou trop politisé, le succès est au rendez-vous, et notamment grâce à la prestation d’Affleck en Batman/Bruce Wayne. L’acteur nous offrit le portrait d’un héros œuvrant depuis 20 ans, plein de remords, de désillusions et de certitudes. Un héros sombre, renfermé sur lui-même, et dont les illusions finissent par se dissiper et qui comprend que l’unité fait la force. Un héros qui est à l’origine de la Justice League. La prestation d’Affleck n’est pas parfaite, mais il est convaincant en Batman âgé, plus violent, très inspiré de la vision du justicier par Frank Miller dans son excellent The Dark Knight Returns.

Affleck inteprétera également Bruce Wayne dans une apparition dans le film Suicide Squad, et reprendra le rôle en tête d’affiche dans le film Justice League, très attendu par les fans. Bien que sa performance fut moins appréciée dans ce dernier, la sortie de la version du réalisateur Zack Snyder, Zack Snyder’s Justice League, permis d’avoir la vraie vision du réalisateur, et rendit un peu plus justice à l’acteur dans son rôle.

Ben Affleck devait réaliser et jouer dans un film solo Batman annoncé officiellement en 2016, mais il finit par quitter la réalisation au début de 2017, jugeant qu’il ne pouvait gérer deux rôles en même temps. Il est remplacé par Matt Reeves. Puis, au début de 2019, il se retire officiellement du projet, après de longs désaccords scénaristiques. Malgré le fait que les films où il a joué Batman furent assez peu appréciés, Ben Affleck fût tout de même un Batman convaincant, et fut régulièrement salué pour son interprétation du Chevalier Noir. Il portera une dernière fois la cape de Batman dans le film solo The Flash, qui devrait normalement sortir en 2022.


Le prochain film solo The Batman verra les premiers pas de Robert Pattinson dans le costume du Chevalier Noir. Sachant que le film n’est pas dans le DCEU, et se veut dans un univers alternatif, Pattinson semble devenir le Batman pour les années à venir.

Quoiqu’il en soit, chaque acteur ayant joué Batman au cinéma à apporter quelque chose au personnage : sa vision, sa passion, ses idées. Impactant à jamais l’imaginaire du personnage, en bien ou en mal. Car Batman n’est pas un homme, mais une idée, et en cela ses interprétations peuvent varier de l’une à l’autre, sans que cela dénature le personnage. Quel fût pour vous le meilleur Batman ? Dites le nous en commentaire !


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