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OLD BUT GOLD: Concrete

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Si vous avez sûrement entendu parler du comics du mois dernier, ce n’est peut-être pas le cas de celui de ce mois-ci. Aujourd’hui, Old But Gold revient pour vous présenter un comics pourtant tout aussi culte : Concrete.


Concrete : de quoi parle-t-on ?


Concrete est un ensemble d’histoires publiées à travers divers comics. Au départ, “Concrete” et son personnage principal apparaissent dans la série de comics anthologie Dark Horse Presents publiée par Dark Horse Comics. L’histoire apparait dès le premier numéro en 1986 et, bien qu’apparaissant de manière moins régulière à partir de 1989, continuera à être publiée dans Dark Horse Presents et d’autres anthologies sous formes d’histoires courtes jusqu’en 1995.

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Toutefois, le succès de Concrete fut tel que le personnage bénéficia d’une première mini-série éponyme chez Dark Horse Comics, composée de 10 numéros et publiée en 1987. Des suites de Concrete virent ensuite le jour, avec les mini-séries Concrete: Fragile Creature en 1991, Concrete: Killer Smile en 1994, Concrete: Think Like a Mountain en 1996, Concrete: Strange Armor en 1997 et plus récemment Concrete: The Human Dilemma en 2006. Ces mini-séries et histoires courtes ont toutes été rééditées sous formes de tomes, collectant ainsi l’intégralité de Concrete sous forme de 7 tomes.

La série n’a malheureusement jamais été traduite dans son intégralité en français, et ce malgré son succès outre-Atlantique. Seules la mini-série de 1997 Concrete: Strange Armor (Concrete : Etrange armure en VF) et la deuxième de la série Concrete: Fragile Creature ont été publiées en français chez Semic en 2004 et 2005 respectivement. L’éditeur a ensuite fermé ses portes en 2005 et les deux tomes susmentionnés ont été réédités chez Carabas en 2007. Depuis lors, aucune autre réédition n’a vu le jour au sein de la bibliothèque de la franchise en VF.

Concrete suit les aventures de Ron Lithgow, qui travaillait auparavant pour un sénateur américain pour lui écrire ses discours. Après s’être perdu dans une excursion camping avec un ami, il est kidnappé par des aliens et voit son cerveau transplanté dans un immense corps fait d’une matière qui ressemble à du béton. Après divers tests scientifiques, il fut autorisé à vivre sa vie mais attire le regard du public, qui le surnomme Concrete (qui veut dire “béton” en anglais). Concrete commence alors à utiliser sa force surhumaine et sa quasi-invulnérabilité pour vivre diverses aventures.

Une adaptation cinématographique du comics était en développement au début des années 1990 mais n’a finalement jamais vu le jour. Malgré cela, Concrete reste à ce jour l’un des comics les plus influents et les plus primés de sa génération alors que celle-ci n’est pas prête de se terminer, une mini-série Concrete: Stars over Sand étant en développement par son créateur.


Le créateur derrière Concrete


Concrete est une création, tant au scénario qu’au dessin, de Paul Chadwick.

Paul Chadwick est un auteur et illustrateur américain qui vécut son enfance dans la banlieue de Seattle. Passionné de dessin, il obtiendra son diplôme en illustration au ArtCenter College of Design à Pasadena en Californie en 1979, à l’âge de 22 ans. Il obtiendra ses premiers boulots d’illustrateur en réalisant des storyboards pour divers studios majeurs tels que Disney, Warner Bros. et Lucasfilm, participant ainsi à la création des films Pee Wee’s Big Adventure, The Big Easy et Ewoks: The Battle for Endor.

Chadwick rentre ensuite dans le marché des comics en 1986 en dessinant les derniers numéros de la série de comics Dazzler pour Marvel Comics, mais c’est l’année suivante que Chadwick va se faire connaitre à la fois comme scénariste et dessinateur avec la publication de la première série Concrete. A ce jour, Concrete et ses nombreuses suites restent l’oeuvre majeure, voire même l’oeuvre principale de Paul ChadwicK.

Lorsqu’il prit une pause de Concrete après dix ans passés sur le personnage, Paul Chadwick a notamment écrit la mini-série du label Vertigo de DC Gifts of the Night en 1998-1999 et produit sa deuxième création chez Dark Horse, The World Below, en 1998. Il dépannera ensuite ça et là sur plusieurs comics tels que des comics Star Wars chez Dark Horse, la série Y: The Last Man de DC/Vertigo ou encore Deadpool et Doctor Strange: The Flight of Bones chez Marvel.

Après avoir écrit plusieurs des comics de la franchise The Matrix, il a aussi participé à l’écriture de l’histoire du MMORPG The Matrix Online sur demande des Wachowski, créatrices de la franchise.


Le palmarès


Comme dit plus haut, Concrete reste une des séries de comics les plus primées de sa génération. Si Watchmen, comme expliqué dans le précédent numéro de la chronique, avait raflé la majeure partie des prix lors de la première cérémonie des Eisner Awards en 1988, Concrete a grosso modo fait main-mise sur l’autre partie. En effet, Concrete est l’une des rares séries à avoir obtenu la même année à la fois le prix de la meilleure nouvelle série – la série Concrete publiée un an plus tôt devançant The American de Mark Verheiden, Chris Warner et Art Nichols et Eddy Current de Ted McKeever – et celui de la meilleure suite de série (vu que le personnage était déjà publié dans Dark Horse Presents), obtenant le prix devant Grendel de Matt Wagner, Arnold Pander, Jacob Pander et Jay Geldof, Love and Rockets de Jaime et Gilbert Hernandez, et Zot! de Scott McCloud.

En plus de cela, Concrete remporta cette année-là l’Eisner Award désormais plus décerné de la meilleure série en noir et blanc devant Cerebus, Eddy Current, Love and Rockets et Zot!. En 1989, Concrete réitéra ses victoires à la fois comme meilleure suite de série – devançant Love and Rockets, Nexus de Mike Baron et Steve Rude, Omaha the Cat Dancer de Reed Waller et Kate Worley, et The Question de Dennis O’Neill et Denys Cowan – et comme meilleure série en noir et blanc devant Love and Rockets, Omaha the Cat Dancer, Xenozoic Tales de Mark Schultz et Kings in Disguise de James Vance et Dan E. Burr, qui avait fait l’objet du premier numéro de cette chronique. Enfin, Concrete valut aussi à Paul Chadwick d’être élu meilleur auteur/artiste aux Eisner Awards en 1989 tandis que la mini-série Concrete: Fragile Creature reçut l’Eisner Award de la meilleure mini-série en 1992.

La première édition des Harvey Awards en 1988 fut aussi fructueuse pour Concrete, qui obtint le prix de la meilleure nouvelle série devant The American, Hellblazer de Jamie Delano et John Ridgway, Justice League International de Keith Giffen, J.M DeMatteis, Kevin Maguire et Al Gordon, Marshall Law de Pat Mills et Kevin O’Neill, et Yummy Fur de Chester Brown. Cette cérémonie récompensa aussi Paul Chadwick comme meilleur cartooniste, titre qu’il remporta une nouvelle fois en 1989.


Pourquoi Concrete est-il un classique ?


Concrete est un grand classique des comics de la fin des années 1980 car va à l’encontre des histoires de super-héros habituelles. Il est d’autant plus intéressant de noter que Concrete fut encensé par la critique et couvert de prix en 1988, dominant les différentes cérémonies aux côtés d’un certain Watchmen, lui aussi mis en avant pour son anti-conformisme au monde des super-héros. Pourtant, si les deux comics ont le même but, l’application est totalement différente.

Le comics a pour personnage principal un immense colosse, un homme enfermé dans un corps de pierre, qui pourrait être comparé de prime abord avec des personnages comme Hulk et The Thing de chez Marvel. Pourtant, il n’en est rien, et c’est là où Concrete est un véritable chef-d’oeuvre. Ron Lithgow n’a jamais eu envie de se retrouver dans un tel corps de pierre – comme beaucoup de héros direz-vous – mais celui-ci n’utilise jamais la violence. Malgré qu’il soit doté d’une force et d’une résistance surhumaine, le héros vit ses différentes aventures en résolvant les conflits par la parole, en trouvant des solutions et en méditant sur des sujets profonds.

Concrete, malgré l’apparence de son personnage principal, est un récit fondamentalement humain, abordant divers problèmes sociaux et prenant la réflexion du “don” d’un tel corps par l’autre bout du spectre. Ron Lithgow vit extrêmement mal d’être dans ce corps au quotidien, devant subir les attentes démesurées de la population – qui le veulent absolument comme protecteur ou super-héros – mais aussi les constats que ce corps pose face à son quotidien. Ron Lithgow se retrouve sans avoir besoin de manger, lui qui adorait déguster de savoureux plats ; il se retrouve aussi coincé d’un point de vue amoureux, étant attiré par une femme mais ne pouvant entretenir de relation… car aussi dépourvu d’attributs masculins.

Au final, Concrete est une oeuvre sur un surhomme pas comme les autres, celui qui refuserait de l’être s’il avait le choix. La série de comics, à travers les années, voit le personnage faire face à différents défis et aventures, le tout superbement orchestré et illustré par la main de Paul Chadwick, qui – tant scénaristiquement que visuellement – arrive à mettre de l’émotion dans un coeur de pierre.


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